• Etre patriote, en ce moment charnière, demande du courage et de l'imagination. Notre démocratie est en haillons, nos procédures de vote sont cassées, notre langage abîmé, notre discours politique réduit à des cris de haine. On ne pourra même pas dire, comme Sartre jadis, "Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'Occupation". Au contraire, jamais il n'a paru si terriblement difficile de résister.
    Nous, Américains, ne pouvons plus nous cacher derrière l'illusion d'être une démocratie par essence ou par prédestination. La démocratie, cela se mérite.

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  • La lecture de L'Étranger tient du rite d'initiation. Partout dans le monde, elle accompagne le passage à l'âge adulte et la découverte des grandes questions de la vie. L'histoire de Meursault, cet homme dont le nom même évoque un saut dans la mort, n'est simple qu'en apparence, elle demeure aussi impénétrable aujourd'hui qu'elle l'était en 1942, avec ses images à la fois ordinaires et inoubliables : la vue qui s'offre depuis un balcon par un dimanche d'indolence, les gémissements d'un chien battu, la lumière qui se reflète sur la lame d'un couteau, une vue sur la mer à travers les barreaux d'une prison. Et ces quatre coups de feu tirés en illégitime défense.
    Camus était fier d'une innovation littéraire singulière qui relève presque de l'artifice : l'histoire est racontée à la première personne, procédé censé permettre au lecteur d'entrer dans la tête du narrateur alors que tout est fait pour lui rendre impossible de se sentir proche de Meursault. On peut nourrir une idée assez juste de la critique littéraire au XX e siècle en observant les approches successives dont L'Étranger a fait l'objet : existentialisme, nouvelle critique, déconstruction, féminisme, critique postcoloniale, voire, selon Sartre, « du Kafka écrit par Hemingway ». Mais personne n'a fait la biographie de ce premier roman qui a bouleversé le genre au point que son avènement dans le paysage littéraire apparait comme une sorte d'accident de l'évolution - un accident qui aurait donné naissance à toute une nouvelle espèce.
    Avec Alice Kaplan, le lecteur repère les premiers signes annonciateurs du roman dans les carnets et la correspondance de Camus, traverse les années de son élaboration progressive, observe, comme par-dessus son épaule, d'abord l'écrivain au travail, puis les mots sur la page, accompagne l'auteur mois après mois pour entendre l'histoire du roman racontée de son point de vue.
    Une histoire qui ne s'achève pas avec la publication du roman en 1942, ni avec la mort brutale de Camus, fauché en 1960 par un accident de la route à l'âge de 46 ans. Elle ne montre aucun signe de dépérissement : soixante-quatorze ans après la première édition, et plus d'un siècle après la naissance de Camus, L'Étranger s'est vendu à plus de 10,3 millions d'exemplaires sur le seul territoire français et est traduit dans une soixantaine de langues..
    Aussi longtemps qu'il y aura des lecteurs de roman, L'Étranger continuera de vivre : quel auteur peut rêver d'une telle longévité ?

  • Robert brasillach est le seul écrivain notoire qui, pour avoir collaboré avec les nazis, a été fusillé.
    Brasillach fait partie de l'élite intellectuelle formée par l'ecole normale supérieure. il est bientôt fasciné par l'allemagne nazie, sa violence, sa théâtralité. il va diriger je suis partout, hebdomadaire férocement antisémite, pro-nazi, dénonciateur de juifs et de résistants. mais on ne le jugera pas pour ses opinions. on le condamnera pour trahison.
    En janvier 1945, si paris est libéré, la guerre n'est pas finie.
    C'est dans ce climat tendu que s'ouvre son procès. trois vedettes s'affrontent : brasillach, le procureur reboul et l'avocat jacques isorni, le propos s'éclairant de l'histoire personnelle et parfois du roman familial des protagonistes. la mort de brasillach va peser sur le destin de tous les personnages qui ont été mêlés à son procès. elle a continué à alimenter les débats intellectuels sur la responsabilité de l'écrivain.

    Une enquête qui se lit comme un roman, riche en personnages hauts en couleur.

  • Pour des milliers de jeunes Américaines parties passer un an en France pour leurs études, l'après-guerre fut un âge d'or. Parmi elles, Alice Kaplan a choisi trois femmes devenues légendaires : la First Lady Jacqueline Bouvier Kennedy ; l'essayiste et romancière Susan Sontag ; la militante des droits civiques Angela Davis. Étudiantes à Paris en 1949, en 1957 et en 1963, elles se sont offert une liberté qu'elles ont assumée et y ont acquis des savoirs qu'elles ont su transmettre. Paris les a transformées : le rapport à leur corps, à leur langue, à leur pays n'était plus le même.
    À leur retour, elles ont transformé les États-Unis. À tel point qu'elles incarnent, encore aujourd'hui, le génie féminin américain. Alice Kaplan nous montre que ce génie doit beaucoup à l'esprit parisien. Riche en révélations, cette biographie croisée décrit le Paris des Trente Glorieuses à travers les yeux de ces trois jeunes Américaines. Et témoigne, contre toute attente, de la persistance du rêve français aux États-Unis.

  • Le 24 novembre 1944, en plein village breton de Plumaudan, l'armée américaine va procéder à la pendaison de James Hendricks, un soldat noir de vingt et un ans. Ivre, il avait voulu entrer dans une ferme où il y avait une jolie fille. Comme on ne lui ouvrait pas, il avait tiré à travers la porte et, par malchance, le père de la fille avait été tué. Ainsi commence cette grande enquête sur les cours martiales américaines pendant la dernière guerre. On se souvient que Louis Guilloux avait été enrôlé comme interprète devant ces tribunaux militaires et qu'il en a tiré un livre, O.K., Joe ! Alice Kaplan, partant des cas évoqués par Louis Guilloux, s'est livrée à une longue enquête en Bretagne, dans le sud des États-Unis, aux archives du Pentagone, et jusqu'au cimetière discret, dans un bois de Picardie, où sont enterrés quatre-vingt-seize soldats condamnés à mort et exécutés. Entre l'histoire du jeune Noir pendu à Plumaudan et celle du flamboyant capitaine Whittington, acquitté, elle fait vivre avec art toute l'ambiguïté d'une époque. Dans un coin du tableau, ce petit homme chétif, Louis Guilloux, représente la conscience morale de cette histoire. Ce livre sur les années 1944-1945 reste actuel à bien des égards.

  • Robert Brasillach est le seul écrivain notoire qui, pour avoir collaboré avec les nazis, a été fusillé.
    L'enquête sur son cas se lit comme un roman, riche en personnages hauts en couleur. Brasillach fait partie de l'élite intellectuelle formée par l'Ecole normale supérieure. Il est bientôt fasciné par l'Allemagne nazie, sa violence, sa théâtralité. Il va diriger Je suis partout, hebdomadaire férocement antisémite, pro-nazi, dénonciateur de Juifs et de résistants. Mais on ne le jugera pas pour ses opinions.
    On le condamnera pour trahison. En janvier 1945, si Paris est libéré, la guerre n'est pas finie. C'est dans ce climat tendu que s'ouvre le procès de Brasillach. Comme une pièce de théâtre, trois vedettes s'affrontent : Robert Brasillach, le procureur Reboul et l'avocat Jacques Isorni. Alice Kaplan raconte aussi, parce que c'est très éclairant, l'histoire personnelle et parfois le roman familial du procureur Reboul, d'Isorni, des jurés et même de quelques journalistes.
    Elle a eu accès au dossier de recours en grâce soumis au général de Gaulle. Elle rapporte les cas de conscience, les acceptations et les refus des célébrités à qui l'on a demandé de signer en faveur du condamné. Pour quoi Camus a signé et Simone de Beauvoir a refusé. On découvre comment la mort de Brasillach va peser sur le destin de tous les personnages qui ont été mêlés à son procès. Et comment elle a continué à alimenter les débats intellectuels sur la responsabilité de l'écrivain.

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