Libertalia

  • Il y a cinquante ans, en mars 1969, alors sur le point de gagner une course en solitaire, le navigateur Bernard Moitessier choisissait de ne pas franchir la ligne d'arrivée et de fuir le consumérisme. Dans cet essai philosophique et littéraire rédigé à la première personne et empreint de doute salutaire, Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien en convoquant les lucioles de Pasolini ou Les Racines du cielde Romain Gary et propose un choix radical : refuser de parvenir et restaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé.

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  • « Ce livre d'Angela Davis est, pour moi, une révélation et une véritable rééducation. » (Toni Morrison) Blues et féminisme noir explore l'oeuvre de deux blueswomen quelque peu oubliées : Gertrude « Ma » Rainey (1886-1939) et Bessie Smith (1894-1937). La première incarne le blues traditionnel, la seconde, le blues classique. Dévalorisée par les spécialistes du blues et du jazz - qui sont en général des hommes blancs -, l'oeuvre de ces chanteuses porte un message spécifique : elle affirme la place et les revendications d'autonomie des femmes noires américaines.
    En analysant et en contextualisant les paroles de leurs chansons, Davis met en évidence les prémices du féminisme noir et les signes avant-coureurs des grandes luttes émancipatrices à venir. Elle montre que Ma Rainey et Bessie Smith furent les premières rock stars de l'histoire de la musique : or elles étaient noires, bisexuelles, fêtardes, indépendantes et bagarreuses.
    Elles posèrent les bases d'une culture musicale qui prône une sexualité féminine libre et assumée, qui appelle à l'indépendance et à l'autonomie des femmes aux lendemains de la période esclavagiste, en revendiquant avec détermination l'égalité de « race » et de genre.
    Cette réflexion s'étire aux années 1940 en évoquant l'oeuvre de Billie Holiday (1915-1959). Angela Davis réhabilite la conscience sociale de cette chanteuse d'envergure, trop souvent présentée sous le simple prisme des turpitudes de sa biographie.
    Blues et féminisme noir propose une histoire féministe et politique de la musique noire des années 1920 aux années 1940.

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  • Fin des animaux sauvages dans les cirques, remise en cause de l'élevage (émissions de gaz à effet de serre et déforestation), prise en compte des risques sanitaires liés à l'exploitation animale (zoonoses), vidéos dénonçant la réalité des abattoirs... tout ceci donne du crédit au mouvement dit « antispéciste ».
    Le mot « spécisme » n'est entré dans les dictionnaires que récemment, mais son usage se répand rapidement pour désigner des discriminations fondées sur l'espèce. Une des conséquences de l'antispécisme est le véganisme, vu comme refus de participer à l'exploitation d'animaux sensibles, capables d'une expérience subjective de la vie.
    Cet ouvrage concis et percutant permet de comprendre les liens de ce mouvement avec des courants de pensée comme le socialisme, l'anarchisme et le féminisme. Il appréhende son rapport avec l'écologie, les religions et la critique du capitalisme, et finalement aborde la question de la convergence des luttes, mais aussi d'une redéfinition de la place de l'humain sur notre planète.

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  • « Ce vendredi 13 novembre 2015, je suis avec deux amis à un concert de rock, au Bataclan. Nous sommes là pour boire des bières, écouter de la bonne musique. La vie, quoi.
    À environ 21 h 40, c'est par un bruit de pétards que l'Histoire me percute. Le temps, en me retournant, de voir un terroriste, son regard haineux, et les flammes sortir du canon de sa kalash, tout s'accélère, je suis projeté en avant dans la fosse. Pendant plusieurs minutes sous le feu, je perds de vue mes amis et parviens à me réfugier dans un «cagibi» à droite de la scène. Nous n'en sortons que deux heures plus tard, libérés par le Raid.
    Les jours suivants, je suis pris dans un tourbillon. Je dois gérer le deuil de mon ami Vincent et mon retour au travail. L'esprit bombardé de questionnements et de sollicitations, je décide d'écrire un journal pour coucher mes réactions à chaud, me vider, me reconstruire.
    Le texte est tel quel, brut, sans relecture et réécriture, avec la violence et l'absence de recul critique que cela peut entraîner.
    Avant d'être victime d'attentat, je suis enseignant et historien, j'ai travaillé sur l'Islam médiéval et sur les usages politiques de l'histoire. Avec les attentats, la violence du réel a frappé ma conscience du réel.
    Cinq ans après les attentats, deux ans après la fin de ce journal, il était temps de faire le bilan. »

  • Avis de tempête

    John Holloway

    « Ce que le coronavirus nous lance à la ?gure c'est que si nous continuons à vivre dans cette même forme d'organisation sociale, si nous persistons à faire tenir une société dans laquelle la recherche du pro?t est la dynamique déterminante, alors nous nous dirigeons sûrement et certainement vers l'extinction.
    Dans cette situation, notre colère doit continuer à escalader, nos colères doivent s'agréger les unes aux autres, chaque colère devant être respectée, chaque colère ajoutant que «ça ne suffit pas » et débordant dans d'autres colères jusqu'à ce que nous en arrivions à cette simple déclaration : «Nous ne pouvons plus respirer, le capitalisme nous tue.» » Écrit dans le feu des événements de la pandémie et du renouveau du mouvement Black Lives Matter, ce recueil propose une analyse disséquant la crise économique, ses causes, ses conséquences et la manière dont elle s'inscrit historiquement dans notre civilisation.
    Pour l'auteur de Changer le monde sans prendre le pouvoir (Lux) et Crack Capitalism (Libertalia), il nous faut partir de nos insubordinations, créer des brèches, inverser le cours des choses.

  • May Picqueray (1898-1983) n'a loupé aucun des grands rendez-vous de l'histoire du XXe siècle. Dès 1921, elle envoie un colis piégé à l'ambassadeur des États-Unis à Paris, pour protester contre la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti. En novembre 1922, elle est mandatée par la Fédération des métaux de la CGTU au congrès de l'Internationale syndicale rouge, à Moscou. Elle monte sur la table pour dénoncer un congrès en train de se goberger pendant que les ouvriers russes crèvent de faim, chante Le Triomphe de l'anarchie en fin de repas et refuse de serrer la main de Trotski, à qui elle est pourtant venue demander la libération des anarchistes. Pendant la guerre, elle fabrique des faux papiers. Puis elle s'investit dans les mobilisations du Larzac, de Creys-Malville, oeuvre en faveur des objecteurs de conscience. Rien ne prédisposait cette petite Bretonne ayant commencé à travailler à l'âge de 11 ans, devenue correctrice du Canard enchaîné, à côtoyer Sébastien Faure, Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berkman, Marius Jacob... Ce livre d'une réfractaire à toutes les injustices est de ceux qui incitent à ne pas désespérer de l'espèce humaine.

  • Qu'est-ce que l'anarchisme ? Ce livre répond à cette question en 10 chapitres courts et concis qui s'intéressent à toutes les facettes de l'anarchisme, pour en comprendre les fondements et les aspirations. Tous les thèmes importants y sont abordés : la religion, le féminisme, le projet économique, l'approche écologiste, les stratégies d'action, etc. En fin d'ouvrage, on trouvera également une galerie de portraits des figures emblématiques du mouvement anarchiste, d'Emma Goldman ou Bakounine à Emile Pouget, Nestor Makhno ou Voltairine de Cleyre.
    Ce petit livre de vulgarisation, facile d'accès et à petit prix, donne des outils pour mieux appréhender des notions comme la lutte des classes, l'autogestion, l'anarcho-syndicalisme, qui sont les bases essentielles du mouvement anarchiste.

  • La militante des droits civiques, célèbre pour avoir refusé en 1955 de céder sa place dans le bus à un passager blanc, retrace son parcours professionnel, ses engagements sociaux et politiques et son combat pour l'égalité des droits aux Etats-Unis.

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  • Le Roi Arthur n'a jamais été aussi présent sur les écrans.
    Il apparaît de façon revisitée dans la fantasy (Le Seigneur des anneaux), la science-fiction (Star Wars), ou dans des séries comme Kaamelott.
    Comment expliquer un pareil succès ? D'où vient ce renouveau ?
    Le Roi Arthur, un mythe contemporain se propose de répondre à ces questions en explorant la légende du souverain de Camelot et ses représentations au cinéma, à la télévision, dans la bande dessinée, dans les romans, mais aussi dans le champ politique.
    Ce voyage permet de percevoir les différentes mutations des figures arthuriennes : chevaliers de la Table ronde mobilisés par les colonisateurs britanniques puis le maccarthysme ; Morgane héroïne féministe ; ou encore Merlin en précurseur écologiste dans la fantasy.

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  • Née dans une famille bourgeoise et fouriériste, Alix Payen a 29 ans le 16 avril 1871 lorsqu'elle s'engage comme ambulancière dans le 153e bataillon de la garde nationale, celui dans lequel combat son mari, Henri Payen, un artisan-bijoutier. Ambulancière et infirmière, elle participe ainsi à la défense du fort d'Issy, qui protège Paris contre les assauts de l'armée versaillaise, puis à celles du fort de Vanves. Pendant les rares moments de calme, elle écrit à sa mère.
    Assez éloignée des stéréotypes de « la communarde », Alix Payen a peu attiré l'attention des historiens.
    Pourtant, elle a participé à la lutte avec courage et détermination, et elle a décrit, avec sensibilité et humour, les combats violents, souvent furieux - elle y a perdu son mari - et la vie du bataillon sous les obus.

  • « Il y a parmi nous des militants qui ont été insultés, giflés, assommés dans les postes de police par les cosaques de la République [...]. Ohé ! les honnêtes gens ! Passez donc à cet apache la moitié de votre vertu et demandez-lui en échange le quart de son énergie et de son courage ! » Hiver 1910. Jean-Jacques Liabeuf, 24 ans, ouvrier cordonnier dans le quartier des Halles, est injustement condamné pour proxénétisme par des ripoux de la brigade des moeurs. Il entreprend de laver son honneur par ses propres moyens : des brassards cloutés, une lame affûtée et un revolver. Il devient un légendaire « tueur de flics » dont l'action d'éclat fera de nombreux émules, tout en gagnant la sympathie de la presse révolutionnaire. Après un procès retentissant, son exécution donnera lieu à l'une des plus grandioses émeutes populaires du XXe siècle, aux cris de : « Vive Liabeuf et mort aux vaches ! » Un an plus tard naissait la « bande à Bonnot ».

  • L'expression « droits de l'homme » reste un symbole fort de la société patriarcale, là où d'autres pays ont corrigé leurs textes en adoptant « droits humains », terme qui place les hommes et les femmes sur le même plan. La légitimité dont bénéficient les termes employés par les pouvoirs publics leur confèrent un poids tout particulier. Il est temps pour la communauté francophone dans son ensemble de prendre acte de la réalité des discriminations qui s'exercent contre les femmes et de modifier la langue française en conséquence pour éviter qu'elle y contribue.
    Ce livre manifeste rassemble écrits et dessins de personnes d'horizons divers (universitaires, comédiennes, avocates), connues ou méconnues, qui apportent un éclairage historique, linguistique et politique à cette requête.

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  • Ce livre regroupe 18 témoignages écrits par des volontaires étrangers du YPG ayant participé au Rojava (nom du Kurdistan syrien) à la guerre contre Daech ou l'armée turque. Le YPG (Unités de protection du peuple) est l'armée des Kurdes syriens. Elle se bat pour un projet révolutionnaire fondé sur la commune, le socialisme, l'égalité entre les femmes et les hommes, la laïcité ainsi que l'égalité entre groupes ethniques et religieux.

  • Nous avons la rage. C'est à partir de ce constat évident que John Holloway propose une analyse claire des situations économiques et sociales actuelles.
    Mais quelle rage ? La rage contre l'argent qui détermine la marche du monde. Une rage qu'il nous appartient de penser pour qu'elle ne soit pas que haines et destructions.
    Dans ce petit livre organisé en 17 thèses, l'auteur de Changer le monde sans prendre le pouvoir et Crack Capitalism, montre dans un raisonnement limpide en quoi l'argent est une forme de lien social bien spécifique, conditionnant toute activité humaine, tendant nécessairement à la souffrance et la destruction. Ce texte d'une grande simplicité permet de comprendre la civilisation néolibérale, les mouvements sociaux actuels, et les pistes menant vers des alternatives.

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  • « L'État-nation a été l'outil fondamental qui a rendu possible l'hégémonie capitaliste. J'ai donc tâché de prouver que le socialisme et l'anticapitalisme [...] ne peuvent s'établir sur la base du modèle étatique. » Depuis 2013, le Rojava mobilise l'attention d'une partie de la gauche de transformation sociale. Piégé entre les dictatures régionales et les puissances impérialistes internationales, ce modeste territoire à majorité kurde, situé au nord de la Syrie, tente de proposer un nouveau modèle révolutionnaire : confédéral, communal, pluriculturel, séculier, écologique et soucieux de l'égalité entre les sexes. Si la bataille de Kobané contre Daech a fait connaître les combattant·es kurdes, on néglige trop souvent la doctrine politique qui les anime.
    Abdullah Öcalan, cofondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en est, depuis sa prison turque, le principal artisan. Cet ouvrage, le premier en langue française, donne à découvrir - et donc à discuter - la théorie du mouvement révolutionnaire kurde tel qu'il s'avance en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran. Et entend proposer une résolution de l'historique « question kurde ».

    Né en 1949 au sud-est de la Turquie, Abdullah Öcalan est l'un des plus anciens prisonniers politiques au monde. Arrêté en 1999, il purge une condamnation à perpétuité. Acteur-clé du conflit, il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages.

  • Dans cet extrait de la fameuse Histoire générale des plus fameux pyrates (Londres, 1724-1728), l'auteur du célébrissime Robinson Crusoé (1719) relate les aventures du capitaine Misson, « l'homme le plus doux dans ses manières qui eût jamais sabordé un navire ou tranché une gorge » et de son complice, l'hérétique Carraccioli, qui las de courir les mers, décident de s'installer à Madagascar pour y fonder une république égalitaire, tout en continuant à piller les navires passant à leur portée. La propriété est abolie, les ressources mises en commun ; les distinctions de classe, de sexe et de race disparaissent. Le rêve sera cependant de courte durée.

  • Lola Miesseroff n'avait que 18 ans en 1966 lorsqu'elle s'entendit asséner ce qui devint une évidence: elle aimait vraiment beaucoup se lier d'amitié avec les hommes qui préfèrent les hommes et ceux-ci le lui rendaient bien. Une enfance dégenrée, une éducation naturiste et libertaire, un milieu familial socialement en marge l'avaient sans doute bien préparée à ce destin un peu particulier. Des années 1950 à nos jours en passant par Mai 68, de Marseille à Paris via San Francisco, des boîtes de nuit au mariage homogenré en passant par le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), c'est son aventure picaresque et bigarrée qu'elle conte dans ce récit de vie où l'on rencontre des femmes et des hommes singuliers, homo, hétéro et bisexuels, folles et garçonnes, travestis et transgenres.

  • À l'heure où l'Algérie s'embrase, le présent recueil rassemble quelques-uns des textes situationnistes et post-situationnistes rédigés des années 1960 à nos jours par des auteurs comme Mohamed Dahou et Mezioud Ouldamer.
    Bien que très minoritaire, cette ultragauche algérienne qui rejetait aussi bien les généraux que le soleil soviétique a produit des écrits qui méritent d'être rappelés et convoqués.

  • Le 16 juillet 2017, Emmanuel Macron s'apprête à terminer son discours lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv. Et soudain, se tournant vers Benyamin Netanyahou, qu'il a appelé «cher Bibi», il lance : « Nous ne céderons rien à l'antisionisme, car il est la forme réinventée de l'antisémitisme. » Jamais un chef de l'État n'avait commis une telle erreur historique doublée d'une telle faute politique. Voilà ce que ce livre entend démontrer, sur un mode non polémique et pédagogique en traitant successivement de l'histoire du sionisme, de la diversité de l'antisionisme, de l'antisémitisme hier et aujourd'hui, enfin de la politique proche-orientale de la France.

  • Cet essai philosophique, historique et politique se présente sous la forme de deux méditations : la prêtrise laïque et la désidentification. Il y est question du concept de laïcité à travers le prisme de la religion et du capital. Il interroge la place du religieux et ses limites dans la République. Ces analyses mettent au jour les paradoxes de la laïcité « à la française », en faisant un tour d'horizon des autres pays et de la marque de la religion sur l'autorité politique. Puis l'auteur passe la religion à l'épreuve de la doctrine politique, du marxisme à l'ultralibéralisme. Il décrypte les grands bouleversements de notre époque, la fin du communisme et les guerres impérialistes.
    Son texte foisonnant fait le parallèle entre Etat et religion,Etat et capitalisme... nouvel opium du peuple.

  • Août 2003. Une crise sanitaire sans précédent s'abat sur la France. La raison? Il fait trop chaud. Des milliers de personnes âgées meurent d'hyperthermie dans l'indifférence. Malgré les signaux d'alarme, le gouvernement ne prend pas la mesure du désastre dans le huis clos des hôpitaux. Jean Stern, journaliste, est alors opéré à Tenon, dans le XXe arrondissement de Paris. Dans un récit intime et halluciné, il raconte de l'intérieur la réalité dramatique de ces petites vieilles et petits vieux fauchés par l'hécatombe. Ce cri d'alerte sur l'hôpital et ses personnels soignants, déterminés autant que démunis, résonne avec la nouvelle crise sanitaire que nous subissons aujourd'hui.

  • Cette étude retrace les premières heures du groupe Action directe (AD).
    L'après-68 constitue un point d'accroche pour contextualiser l'émergence d'AD, dont l'histoire débute en 1977. L'auteur explique le fonctionnement, insiste sur la diversité des trajectoires militantes et met en évidence la centralité de la question carcérale : autant de thèmes soulevés qui permettent de saisir les logiques politiques dans lesquelles s'insère le groupe et d'éviter les pièges tendus par une littérature militante, policière ou journalistique encensant ou réduisant trop souvent cette histoire. Il revient aussi sur des désaccords tactiques méconnus ayant conduit AD à scissionner en 1982. Cet ouvrage s'appuie sur plusieurs documents inédits ici retranscrits, notamment une série d'entretiens.

  • Handi-gang

    Cara Zina

    Djenna vit seule avec son fils handicapé à Lyon, dans le quartier de la Croix-Rousse. Sam est un ado plutôt bien dans ses baskets, mais depuis quelque temps elle s'inquiète pour lui... Un jour, elle décide de le suivre. Il s'arrête devant un local où il semble rejoindre un groupe d'amis. A la suite de l'agression de l'un de leur camarade, ces jeunes ont décidé de se rebeller en s'en prenant aux lieux qui leur sont inaccessibles.
    Tout au long du récit, la narration alterne entre le point de vue de Djenna, sa vie de mère et de femme, et celui de Sam, ado déterminé à rendre visible cette minorité dont il fait partie : les handicapés. Le livre aborde des thèmes peu présents dans la littérature et ouvre une piste de réflexion sur le handicap, la dépendance et l'émancipation.

  • Il se présente comme le carnet de bord d'un jeune de 20 ans qui raconte au jour le jour les événements auxquels il participe avec sa bande de copains.
    Ils se déplacent sur toutes les lignes de front, de leur QG - le Quartier latin - à Flins, Montparnasse, les Champs-Élysées, etc. Paris est alors leur ZAD. Le texte déroule les événements, s'attache aux faits, aux actions, aux assemblées générales, aux barricades, aux occupations d'usine... L'écriture est brève, tendue, à l'image de cette jeunesse prise dans un tourbillon. Pierre Peuchmaurd écrira plus tard : « On écrit comme on respire, c'està- dire comme on étouffe. »

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