Pu De Rennes

  • De Perrault à Grimm, l'attrait pour le conte ne s'est jamais démenti : invitant à l'émerveillement, il a donné lieu à des réécritures et adaptations enjouées et admiratives, mais aussi à des interrogations et subversions démystifiantes. Cet ouvrage analyse ainsi la permanence du conte dans la modernité.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers, de Lorraine, Sorbonne-Nouvelle et CÉRÉdI.

  • L'oeuvre de Gisèle Bienne offre des variations toujours renouvelées sur la marginalité et l'autre. Marges génériques ou marges sociales, tels sont les bords que vient explorer l'écriture de l'écrivaine qui dessine de texte en texte des personnages en rupture de parole ou de société, mais toujours puissamment animés de désirs ou de révoltes. Ce volume étudie comment cette vision du monde se configure dans la confrontation dialogique avec les voix autres, ou comment s'élabore la quête identitaire dans cette rencontre, amoureuse, fraternelle ou révoltée, avec l'autre. Différentes approches traversent les distinctions génériques, s'attachant aussi bien à la littérature dite de jeunesse qu'à la littérature générale.

  • Le maniérisme, concept hérité de la peinture, est souvent utilisé dans le champ des études cinématographiques pour définir un type de démarche formelle ou même de poétique.
    C'est aussi un concept flottant, oscillant entre deux pôles, la manière et le maniéré, et polysémique, d'où la difficulté de le cerner et d'en définir les domaines d'application. Ce volume vise à interroger ce concept comme posture en fonction d'une approche transversale qui a pour ambition de définir une attitude maniériste dans son rapport au cinéma et à l'image. Il est ici question de réalisateurs " classiques " comme D.
    Sirk, M. Powell, A. Hitchcock ou contemporains comme J. Jarmush, D. Lynch, B. De Palma, D. Argento, P. Almodovar, P. Greenaway, de genres cinématographiques : la comédie musicale, le western, le giallo, le policier etc. Diverses contributions examinent des figures ou procédés maniéristes (narratifs et formels) comme la citation, le remake, la reprise, l'anamorphose, ou encore la lenteur (J. Monteiro) et le ralenti (S.
    Peckinpah, J. Woo). Le cinéma peut ainsi être considéré comme maniériste lorsqu'il se consacre à ses propres formes, lorsqu'il travaille à leur célébration autant qu'à leur arrangement.

  • Processus ou qualité à la fois complexe et dynamique, la présence fait se conjuguer, en tension, des enjeux littéraires et esthétiques cruciaux. Souvent de nature transmédiale, les oeuvres qui soulèvent cette question conduisent aussi à des réflexions d'ordres différents : éthique, psychologique, linguistique, culturel, historique voire politique.

    Ce volume insiste sur le fait que la notion de présence se construit en relation dialectique avec celles de représentation (traditionnellement liée à une interprétation), d'absence (voire d'abstraction) et de virtualité. Il s'agit d'étudier ainsi les modalités et usages de la présence, dans les différents domaines des littératures (françaises, étrangères, anciennes) et des arts (plastiques et du spectacle), en mettant l'accent sur les effets d'intermédialité, de croisement générique et de correspondance esthétique et éthique.

    Dans leur hétérogénéité historique, générique et culturelle, apparaissent ainsi des objets, textuels/artistiques, relevant de ce que l'on pourrait appeler pratiques et pensées de la présence.

    Ce recueil est issu des activités de l'équipe B1 "Poétiques de la représentation" du laboratoire FoReLL (EA3816) de l'université de Poitiers.

  • La notion de plasticité, délicate à définir, peut être éclairée en fonction du domaine précis dans lequel elle est contextualisée et envisagée. Le point de vue qui la met au coeur d'une dynamique de pensée est ici celui de l'analyse littéraire. En important dans le champ littéraire une réflexion a priori liée aux arts plastiques, en nommant des modalités de la plasticité révélées dans l'écriture, ce recueil d'articles explore les oeuvres littéraires avec un regard nouveau, une approche originale, car il relève ce qui, dans les écritures, suggère et réalise un rêve des écrivains, la possibilité d'une dimension sensible donnée à leur oeuvre, celle-ci transgressant les limites du lisible pour s'accomplir comme forme également visuelle et visible, sonore et audible.
    /> Ces articles ne limitent pas leurs corpus à une époque ou à un genre littéraire (poésie, roman, théâtre). Ils prennent le parti de dégager, tant dans le contenu que dans la forme des textes, ce qui stimule chez le lecteur une perception complexe et un imaginaire doué de plasticité. Ces propositions de définitions de la plasticité centrées sur la littérature participent d'une réflexion rendue cruciale dans un contexte plus général où l'utilisation fréquente du mot « plasticité » est avérée dans de nombreux domaines.

  • Si l'intensité d'un texte est souvent commentée, la notion elle-même fait rarement l'objet de définitions théoriques.
    Continent expliciter ce "je-ne-sais-quoi" au-delà de l'effet qu'il produit, de l'émotion immédiate, de l'ineffable ? Quelles sont les limites (durée, degré) entre lesquelles l'intensité parvient à son maximum d'efficacité ? Comment apprécier les variations d'intensité ? Une intensité qui se maintiendrait à son propre paroxysme finirait par rester égale à elle-même, donc diminuerait. Le problème des degrés d'intensité s'est posé : au-delà de seuils à définir l'intensité se dissout, devient obscure ou insoutenable.
    L'intensité est-elle nécessairement éphémère ? L'intensité est-elle située du côté de la simplicité classique, de la raréfaction, de la réticence, du murmure et du silence ? Est-elle plutôt située du côté de la prolifération baroque, de l'augmentation d'intensité sonore, du cri, du hurlement ? Aux deux extrêmes : le délire dionysiaque et le langage apophalique des mystiques. Dans quelle mesure l'intensité serait-elle compatible avec la clarté de la représentation ? A la limite, l'intensité échapperait-elle à l'analyse ? Ne pourrait-elle que s'éprouver ? Parcours à travers les séminaires, les journées d'étude et le colloque organisé par l'équipe B 1 "Poétiques de la représentation" du FoReLL (UA 3816) de l'université de Poitiers, du 11 au 13 juin 2009, ce volume fait le point sur la problématique de l'intensité dans ses divers aspects.
    Notion complexe, issue des sciences naturelles, l'intensité demande plusieurs types d'approches : l'analyse lexicale du mot, l'étude de l'historicité de la notion, des études linguistiques contemporaines, des approches scientifiques, l'analyse des implications esthétiques et éthiques de l'intensité. Le colloque a permis de diversifier les éclairages en ouvrant la problématique à différents genres, à différents arts (musique, danse, cinéma), à différentes périodes (de la rhétorique romaine à la littérature contemporaine) et à différentes approches théoriques de la notion.
    Des lignes de force se font jour, des références (Nietzsche, Bergson, Proust, Deleuze...), des notions (rythme, consonantisme, voix, couleur, sublime, choc, énergie, réel, corps).

  • La " création " d'images dans l'édition pour la jeunesse n'est pas seulement l'expression du génie des artistes mais s'exerce au sein de contraintes et d'influences multiples, liées à ce destinataire spécifique qu'est l'enfant, ou plus exactement à ses représentations sociales dominantes.
    Quinze spécialistes du domaine examinent ici les différents supports d'images proposés aux enfants depuis le XVIe siècle (édition religieuse, pédagogique et de loisirs, imagerie scolaire, bandes dessinées, etc.), en s'efforçant de mettre en évidence les moyens d'expression graphiques conçus ou privilégiés par les illustrateurs pour répondre aux attentes, aux capacités, aux goûts supposés des jeunes lecteurs et pour les façonner en retour : " sujets " de prédilection, styles, formes, couleurs, techniques, mises en page.
    Ils s'attachent à retrouver les facteurs sociaux, institutionnels, pédagogiques, législatifs ou de mentalités qui, à chaque époque, ont influencé, réglementé ou stimulé ces choix.

  • Vers le début de notre ère en particulier, dans le paysage littéraire du monde gréco-romain, les formes de prose ont occupé une position dominante et investi toutes les fonctions jadis réservées à la poésie : divertir, séduire, inventer des mondes imaginaires. Pourtant, les prosateurs n'ont cessé d'affirmer l'identité de la prose et d'exiger d'elle, alors même que la poésie devenait son modèle secret, qu'elle reste fidèle, d'une manière ou d'une autre, à son programme originel.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • Depuis deux cents ans, la littérature, la philosophie et le cinéma s'intéressent toujours davantage à l'apocalypse et aux catastrophes. Est-ce céder à un certain nihilisme ou au contraire chercher une ouverture politique quand l'horizon semble fermé ? Explorant la force et les limites de cet imaginaire politique ambivalent, les contributions rassemblées dans ce volume tentent d'expliquer pourquoi le scénario apocalyptique fait retour dans une civilisation qui n'est plus soudée ni par la croyance religieuse ni par l'espoir révolutionnaire.

    Qu'est-ce qui distingue l'apocalyptisme contemporain de l'apocalyptisme biblique et de ses avatars ? Comment distinguer un apocalyptisme laïc, qui affronte avec lucidité la perspective d'une destruction par l'homme des conditions nécessaires à la poursuite de son existence et les lubies des marchands d'apocalypse, qui mobilisent et galvaudent à leur profit le scénario religieux ? Enfin, comment restaurer une perspective politique dans ce climat de destruction générale ?

    En réunissant des contributions d'historiens, de philosophes, de spécialistes de littérature, d'études théâtrales et de cinéma, ce volume de La Licorne entreprend d'approcher de façon critique un art de désespérer avec espoir caractéristique de l'époque contemporaine.

    Les Auteur.e.s :

    Roberta Acnese - Jumana Al-Yasiri - Daria Bardellotto - Christine Baron - Céline Barral - Lambert Barthélémy - Philippe Brand - Catherine Coquio - Christophe David - Susannah ELUS - Frédérik Detue - Jean-Paul - Engélibert - Raphaëlle Guidée - Pierre Jailloux - François Hartoc - Aidy Laib - Massimo Olivero - Julie Schutz - David Tuaillon.

  • Dans les arts et la littérature, certaines présences se donnent, avec toute la force de leur évidence, comme déplacées. Les textes réunis dans ce volume s'intéressent à ces formes de présences insolites qui entrent dans un cadre où elles ne sont pas attendues. L'effraction et l'intrusion sont les procédés pour obtenir ces modalités singulières de présence. Dans le fracas ou la délicatesse, l'irrespect des règles et des cadres, le lecteur reconnaîtra l'effraction chargée de violence et évaluera les effets de présence que cette manière de faire permet de révéler. D'une façon moins ostensible, le lecteur pourra également, à son tour, jouer à l'intrus et apprécier de quelles intentions insidieuses ce dernier est animé pour créer des présences illégitimes et parfois incongrues. Car le geste artistique, qu'il émane d'une effraction ou d'une intrusion, est toujours singulier et audacieux. Geste pour le moins iconoclaste, il atteste d'une présence qui, en brisant un ordre institué, dévoile et rappelle l'artificialité de ce dernier.

    Les auteur.e.s :

    Enrico Bolzoni - Michel Briand - Mathilde Brunet - Julie Cailler - Bénédicte Chorier-Fryd - Sylvaine Faure-Godbert - Patricia Gauthier - Anne-Cécile Guilbard - Nelly Gillet - L. Cassandra Hamrick - Gary Hurst - Anne-Yvonne Julien - Caroline Mounier-Vehier - Juliette Peillon - Annie Ramel - Vânia Rego - Cécile Sorin - Pierre J. Truchot.

  • La perspective de lecture du théâtre de Jean-Luc Lagarce associant son théâtre à la joie contrevient aux idées reçues. Il ne s'agit pas tant ici de considérer le théâtre de Lagarce comme une illustration littérale de la joie, mais selon sa capacité à travailler cette notion de joie. Et la source étymologique du terme, signifiant « lien », peut nous inciter à rendre compte de tous les réseaux de communication tressés entre les personnages, y compris dans leurs failles.

  • Au cours du XVIIIe siècle, la promenade devient une pratique habituelle, d'abord comme passe-temps social, ensuite comme activité solitaire et rêveuse. Les écrivains s'approprient alors cette pratique, et les pensées ou rêveries qu'elle suscite, pour les raconter ou les décrire. La réflexion collective dont ce volume se fait l'écho est partie de l'intuition que cette nouvelle habitude de déplacement dans l'espace - déplacement sans but, gratuit, et à pied - a influencé d'un même mouvement les modes de pensée et les modes d'écriture.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • À rebours des discours critiques et mélancoliques, ce volume examine cinq siècles d'histoire du genre de l'utopie, bien plus divers et ambigu qu'on ne le croit souvent. Montrant les zones d'ombre des utopies classiques et la résistance de l'élan utopique au coeur des textes contemporains les plus sombres, les articles rassemblés ici invitent à redécouvrir un imaginaire critique dont on ne saurait concevoir, même et surtout en ces temps de catastrophe, l'épuisement

  • Les relations complexes de la littérature et du droit ont pour pierre de touche la question de la transgression. Or celle-ci est toujours au regard de la loi, appréciée de manière contextuelle. Les limites, diverses d'une civilisation à l'autre, d'une époque à l'autre, et parfois, à l'extrême, dans un même champ culturel se déplacent, témoignant de la variabilité des lignes de partages que les normes sociales, morales, légales rendent communes. Juristes, philosophes, spécialistes de littérature questionnent ici, de l'Antiquité à l'extrême contemporain, diverses modalités des relations du droit et de la littérature.

    Avec le soutien de l'université de Paris-7.

  • Longtemps délaissé par la critique universitaire à cause de son goût pour la contrainte et la littérature ludique, ses manifestations publiques et ateliers d'écriture, l'Oulipo apparaît cependant comme un des groupes les plus intéressants du XXe et du XXIe siècle. Cet ouvrage propose ainsi de s'interroger, à partir d'une démarche comparatiste et d'un croisement d'approches scientifiques (sociologique, poétique comparée, didactique.) sur la spécificité de la littérature oulipienne.

  • Cet ouvrage reprend deux questions sur les mémoires, dont l'idée est bien établie dans notre imaginaire culturel. Y a-t-il une continuité historique et une unité pensable de ce que nous appelons mémoires, qui pourrait se cristalliser dans la notion de « genre » ? Peut-on dégager un cadre théorique pour penser ce corpus multiforme et presque insaisissable et, en particulier, envisager dans une perspective théorique ses relations à la fois fascinantes et problématiques avec la littérature, la fiction ou l'histoire ?

  • Le monde du travail, observé, décrit, raconté ou fictionné pour lui-même n'est pas un objet comme un autre, mais un de ceux qui ont le plus contribué à renouveler les formes narratives depuis trente ans. Entre autres raisons parce que c'est un objet de langage : dans un monde où « l'entreprise » a imposé ses normes à la langue, le roman, comme la poésie, doit inventer les formes qui rendent toute sa puissance critique à la pensée. Ce volume s'ouvre sur un texte inédit de Lydie Salvayre, un entretien avec Leslie Kaplan, des contributions de Joachim Séné et de Thierry Beinstingel.

  • Comment les catégories et concepts critiques contemporains à propos du récit et de la description s'appliquent-ils à un corpus ancien ? Comment l'analyse d'oeuvres antiques questionne-t-elle en retour ces réflexions modernes ? Ce volume, partant de cas concrets, s'affronte à des interrogations d'ordre théorique, esthétique, culturel ou terminologique.

  • Issu d'une réflexion sur les grandes déterminations linguistiques et formelles des fictions narratives française du XXIe siecle, cet ouvrage dégage les spécificités des écritures contemporaines de fiction par rapport aux écritures narratives du XXe siecle. Quelles sont les conditions de possibilité, en somme, de son renouveau ou de sa survie ?

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • Grâce à une perspective doublement distanciée, tant chronologiquement (de la Renaissance à nos jours) que spatialement littératures française, italienne, anglaise, polonaise, allemande), ce volume questionne les frontières mobiles et lâches qui séparent l'oeuvre normale de l'oeuvre hors norme : selon quel point de vue et avec quelle(s) visée(s) l'artiste essaie-t-il de s'affranchir des règles, de briser les lignes tracées par l'équerre ? Suffit-il de se déclarer (ou d'être déclaré) hors norme pour l'être véritablement ? L'oeuvre hors norme est-elle toujours et uniquement « résolument moderne » ?

  • L'objectif de cette Histoire de la manière est non seulement d'établir l'histoire d'un mot et de ses emplois, mais surtout d'étudier l'histoire d'un concept actif dans plusieurs champs du savoir. De la scolastique à la mystique, des théories classiques de l'art à la musicologie, de la philosophie morale à la sociologie, la manière engage une réflexion globale sur l'homme.

  • Dans cet ouvrage, les auteurs interrogent de façon inédite les genres du portrait et de la biographie : comment du XIXe au XXIe siècle s'entrecroisent une forme venue de la peinture, le portrait, et une forme venue de la littérature, la biographie. Dans quelle mesure un portrait pictural, photographique ou cinématographique peut-il être considéré comme étant une biographie ? Inversement quelle est la part de l'image et de l'imaginaire dans la biographie et l'autobiographie ? Entre continuité et discontinuité, c'est peut-être l'hésitation même de la modernité qui se lit sur les visages biographés et portraiturés.

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