Plon

  • 632 après Ford : désormais on compte les années à partir de l'invention de la voiture à moteur. La technologie et la science ont remplacé la liberté et Dieu. La vie humaine, anesthésiée, est une suite de satisfactions, les êtres naissent in vitro, les désirs s'assouvissent sans risque de reproduction, les émotions et les sentiments ont été remplacés par des sensations et des instincts programmés. La société de ce Meilleur des mondes est organisée, hiérarchisée et uniformisée, chaque être, rangé par catégorie, a sa vocation, ses capacités et ses envies, maîtrisées, disciplinées, accomplies. Chacun concourt à l'ordre général, c'est-à-dire travaille, consomme et meurt, sans jamais revendiquer, apprendre ou exulter. Mais un homme pourtant est né dans cette société, avec, chose affreuse, un père et une mère et, pire encore, des sentiments et des rêves. Ce « Sauvage », qui a lu tout Shakespeare et le cite comme une Bible, peut-il être un danger pour le « monde civilisé » ?

  • « Je m'appelle Basile. J'ai commencé ma vie en montrant ma lune. Est-ce pour cela que j'ai toujours eu l'impression de venir d'une autre planète ? Je n'ai pourtant pas compris tout de suite de quel bois j'étais fait. Peut-être plus un bois de Gepetto que de meuble Ikea.» Basile, inventeur, agitateur de neurones au génie décalé, nous embarque dans un univers poético-artistique qui chatouille l'esprit et le sort des chemins étriqués du conformisme. De retour à Mont-Venus, il décide d'ouvrir un commerce du troisième type : une boutique d'objets provocateurs. D'émotions, de sensations, de réflexion. Une boutique « comportementaliste », des créations qui titillent l'imagination, la créativité, et poussent l'esprit à s'éveiller à un mode de pensée plus audacieux ! Le nom de ce lieu pas comme les autres ? Le Bazar du zèbre à pois.

    Giulia, talentueux « nez », n'en est pas moins désabusée de cantonner son talent à la conception de produits d'hygiène. Elle rêve de sortir le parfum de ses ornières de simple « sent-bon » et de retrouver un supplément d'âme à son métier.

    Arthur, son fils, ado rebelle, fâché avec le système, a, lui, pour seul exutoire, ses créations à ciel ouvert. Il a le street art pour faire entendre sa voix, en se demandant bien quelle pourra être sa voie dans ce monde qui n'a pas l'air de vouloir lui faire une place.

    Trois atypiques, trois électrons libres dans l'âme. Quand leurs trajectoires vont se croiser, l'ordre des choses en sera à jamais bousculé. C'est à ça que l'on reconnaît les "rencontres-silex". Elles font des étincelles... Le champ des possibles s'ouvre et les horizons s'élargissent.
    Comme dans un système de co-création, ils vont "s'émulsionner les uns les autres" pour s'inventer un chemin, plus libre, plus ouvert, plus heureux....

    Louise Morteuil, elle, est rédactrice en chef du Journal de la Ville et directrice de l'association Civilissime. Elle se fait une haute idée du rôle qu'elle doit jouer pour porter les valeurs auxquelles elle croit : Cadre, Culture, Civisme... Choc des univers. Forte de ses convictions en faveur du bien commun, elle se fait un devoir de mettre des bâtons dans les roues du Bazar du zèbre à pois...

    Une galerie de personnages passionnés, sensibles et truculents, des embûches et surprises, des objets aussi magiques que poétiques, de l'adversité et de l'amour, l'art de se détacher des entraves par l'audace, de se libérer de la peur en osant... Le nouveau roman de Raphaëlle Giordano donne l'envie de mettre plus de vie dans sa vie et de s'approprier la philosophie phare et novatrice du zèbre : « l'audacité ».

  • Le chardonneret

    Donna Tartt

    Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ?

    À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l'Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Donna Tartt.

  • Meredith aime Antoine. Éperdument. Mais elle n'est pas prête. Comédienne en devenir, ayant l'impression d'être encore une esquisse d'elle-même, elle veut éviter à leur histoire de tomber dans les mauvais pièges de Cupidon. Alors, il lui faut se poser les bonnes questions : comment s'aimer mieux soi-même, aimer l'autre à la bonne distance, le comprendre, faire vivre la flamme du désir ? Meredith pressent qu'avec ce qu'il faut de travail, d'efforts et d'ouverture, on peut améliorer sa capacité à aimer, son « Amourability ».
    Son idée ? Profiter de sa prochaine tournée avec sa meilleure amie Rose, pour entreprendre une sorte de « Love Tour ». Un tour du Moi, un tour du Nous, un tour de l'Amour.
    Aussi, afin de se préparer à vivre pleinement le grand amour avec Antoine, elle doit s'éloigner. Prendre le risque de le perdre pour mieux le retrouver. Ils se donnent 6 mois et 1 jour. Le compte à rebours est lancé, rythmé par les facéties de Cupidon.
    Meredith trouvera-t-elle ses réponses avant qu'il ne soit trop tard ?

  • Ce livre serait une promenade joyeuse, drôle, iconoclaste dans nos souvenirs, nos émotions aussi futiles que solides. Faire des ricochets au-dessus de la rivière, des cocottes en papier, des canulars, s'interroger sur la fossette de Kirk Douglas, la coiffure du président Giscard d'Estaing, l'expression « peigner la girafe », se rappeler les petits trains électriques, la guitare de Tino Rossi, les télégrammes de première et les speakerines de la télévision...
    Ce serait un livre impossible, tant la notion d'inutile est sujette à caution. L'homme est-il plus utile que la langouste ? La pomme de terre est-elle plus indispensable que le liseron ? L'idiot du village moins nécessaire que le membre de l'Institut ?
    Ce serait un livre qui musarderait, vantant les mérites de la grasse matinée et des contrepets dans les discours des ministres, le plaisir d'écouter la météo marine quand on est sous la couette, la virtuosité des joueurs de yoyo.
    Un livre aussi indispensable qu'inutile.

  • 1550.
    Dans un couvent de Valladolid, en présence d'un légat du pape et d'un représentant de Charles Quint, on va débattre d'une question fondamentale : les Indiens du Nouveau Monde sont-ils des hommes comme les autres ? Descendent-ils d'Adam et Eve. Ont-ils été rachetés par le sang du Christ et peuvent-ils prétendre à la vie éternelle ? La question s'est déjà posée. Il faut y répondre une fois pour toute, car la légende noire des conquistadores commence à se répandre dans toute l'Europe, bien alimentée par les ennemis de l'Espagne.
    Dans cette controverse, deux hommes s'affrontent. L'un est un philosophe, traducteur d'Aristote, nommé Sépulvéda. L'autre est le fameux dominicain Las casas, ardent protecteur des Indiens. Les arguments sont multiples et articulés. Le légat du pape a fait venir d'Amérique plusieurs indigènes. On va pouvoir expérimenter sur ces spécimens s'ils sont ou non capables de sentiments humains. Tout se passe en quatre jours.
    Débat enflammé, baoque, profond, prémonitoire. De la décision prise va dépendre, pour des siècles et des siècles, le sort de dizaines de millions d'hommes. Mais pas forcément ceux qu'on croit.

  • L'été des quatre rois

    Camille Pascal

    • Plon
    • 30 Août 2018

    Il y avait ce matin-là beaucoup de monde à Saint-Cloud, la Cour bien-sûr, mais aussi les ministres, il jurait même que monsieur de Talleyrand avait fait sonner dès la première heure son pied bot cerclé de fer sur les marbres de l'escalier d'honneur. La galerie d'Apollon n'avait jamais été aussi peuplée, et les jardins s'animaient de femmes heureuse d'y promener leurs traînes. Le grand lever serait long, et l'on entreprenait déjà le premier gentilhomme de la chambre pour obtenir les entrées. À l'évocation de son grand chambellan, le roi sourit : si même le diable boiteux courait à Saint-Cloud lui présenter ses hommages de gentilhomme et prendre sa place de courtisan, alors la France était prête." Ainsi commence L'Été des quatre rois. Juillet-août 1830, la France a connu deux mois uniques dans son histoire avec la succession sur le trône de Charles X, Louis XIX, Henri V et Louis-Philippe.
    Dans cette fresque foisonnante, à l'écriture ciselée, tandis que le peuple de Paris s'enflamme, Hugo, Stendhal, Dumas, Lafayette, Thiers, Chateaubriand, la duchesse de Berry, Madame Royale assistent à l'effondrement d'un monde.

    Des "Trois Glorieuses" à l'avènement de la monarchie de Juillet, Camille Pascal nous plonge dans le roman vrai de la révolution de 1830.

  • Le tour de force d'André Comte-Sponville est d'avoir réussi, dans le dialogue amoureux qu'il mène ici avec l'auteur des Essais, à rendre limpide et bouleversante l'incroyable richesse de la pensée de celui-ci, tout en nous rendant intimement témoins de ce qu'il en retire pour faire franchir à sa propre philosophie une nouvelle étape.
    Il nous fait redécouvrir Montaigne, écrivain de génie, talentueux philosophe, humain d'exception que l'on aurait tant aimé connaître : « quel esprit plus libre, plus singulier, plus incarné ? Quelle écriture plus souple, plus inventive, plus savoureuse ? Quelle pensée plus ouverte, plus lucide, plus audacieuse ? Celui-là ne pense pas pour se rassurer, ni pour se donner raison. Ne vit pas pour faire une oeuvre. Pour quoi ? Pour vivre, c'est plus difficile qu'il n'y paraît, et c'est pourquoi aussi il écrit et pense. Il ne croit guère à la philosophie, et n'en philosophe que mieux. Se méfie de 'l'écrivaillerie' et lui échappe, à force d'authenticité, de spontanéité, de naturel. Ne prétend à aucune vérité, en tout cas à aucune certitude, et fait le livre le plus vrai du monde, le plus original et, par-là, le plus universel. Ne se fait guère d'illusions sur les humains, et n'en est que plus humaniste, Ni sur la sagesse, et n'en est que plus sage. Enfin il ne veut qu'essayer ses facultés (son titre, Essais, est à prendre au sens propre) et y réussit au-delà de toute attente. Qui dit mieux ? Et quel auteur, plus de quatre siècles après sa mort, qui demeure si vivant, si actuel, si nécessaire ? »

  • Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? c'est à ces questions que l'auteur philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'asie qu'à l'amérique.

    Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du brésil central dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'ancien et le nouveau monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisatilon et du progrès.

    Claude lévi strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du voyage philosophique illustrée par la littérature depuis le xvie siècle jusqu'au milieu du xixe siècle, c'est à dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fait oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.

  • Après le récent succès de Vital, le Dr Frédéric Saldmann publie une nouvelle enquête passionnante et riche de révélations et conseils à appliquer au quotidien pour vivre mieux et plus longtemps. Parce que l'hygiène de vie a un rôle majeur dans notre équilibre comme notre longévité, parce que l'énergie, le bonheur, le bien-être dépendent de la qualité de notre santé mais aussi de gestes quotidiens que l'on oublie de faire ou que l'on ne connait pas, cet ouvrage - qui s'appuie sur des recherches médicales inédites - donnera à chacun de ses lecteurs tous les atouts pour gagner la partie d'une vie aussi épanouie que réjouissante.

  • Dictionnaire amoureux des mathématiques Nouv.

    « Mathématique, mon amour » : contradiction dans les termes ? Les auteurs nous prouvent le contraire, avec le talent de rester toujours clairs sans renoncer à la profondeur, et avec un sens aigu de la surprise et de l'humour.

    Butinez un à un les articles, de l'abeille géomètre aux mystères du zéro, vous y trouverez les aventures d'explorateurs de la cohérence, des nombres aux propriétés magiques, des raisonnements jubilatoires et de sublimes constructions géométriques. Combien y a-t-il vraiment de feuilles dans un mille-feuille ? De combinaisons dans un Rubik's Cube ? Comment fut résolue la quadrature du cercle et jusqu'à combien peut-on compter sur ses doigts ?
    Les mathématiques sont un langage et l'un des plus beaux. Laissez-vous emporter par la poésie de sa syntaxe.

  • Les quatre coins du coeur

    Françoise Sagan

    • Plon
    • 19 Septembre 2019

    Comme bien des femmes de sa génération, Fanny voyait des protecteurs dans ses amants, idée disparue depuis belle lurette. Châteaux, cours, collines, ciel bleu pâle, fin d'été, la Touraine déroulait ses charmes. « Que la France est belle, pensait Fanny, et que mon amour est beau... » Ludovic était derrière elle, l'avion sentait la bruyère, et le seringa, survolé d'assez près pour qu'on le respire. À un moment, Fanny fut envahie d'un désir si vif, dû à un souvenir si précis de Ludovic, qu'elle se tourna vers lui, et se détourna aussitôt, sans l'avoir même touché du bout des doigts. Cet empêchement, cette impossibilité, serait un des souvenirs les plus sensuels de sa vie amoureuse.
    Les Quatre Coins du coeur est le dernier roman de Françoise Sagan. Subtil, résolument libre, empreint de son immense maîtrise, irrigué par sa passion des sentiments et de leur altérité. L'intelligence, le cocasse, cette élégance qui lui permet de passer sur les drames de manière si vive et si concise, tout se rencontre et nous permet de revisiter une vie de Sagan à laquelle rien ne manque dans ce roman inachevé, brut et bouleversant.

  • Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    • Plon
    • 26 Septembre 2019

    Moment de toutes les pensées, de toutes les lectures, musiques et poèmes, de tous les rêves et possibles, de quelques cauchemars aussi, la nuit chacun la voit, la sent, la vit à sa manière. De celle de la Guyane, trouée d'un faible lampadaire sous la lueur duquel, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, enfant, comme de celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier.
    C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeux en feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous - un cathéter au bras et le courage de l'égalité en bandoulière. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13 novembre 2015, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu.
    Ces nuits des espoirs, des questions, des doutes, des peurs parfois, sont un roman du vrai. Un récit aussi réel qu'onirique, magique qu'éclairant, passionné qu'« emportant ». Dans ce texte autobiographique éminemment littéraire, l'auteur - experte dans l'art de manier les mots avec justesse, de ciseler les phrases selon une musique qui convie aux voyages en soi - montre que la vie est souvent plus forte, raide, dure, inventive, poétique, envoûtante, que les fictions les plus échevelées. Un livre rare par un écrivain qui l'est plus encore.

  • « Nos amis italiens et espagnols (ils ne sont pas les seuls) ne font guère de distinction entre « roman noir » et « roman policier ». Mais comme en France, nous la faisons, en toute logique ce dictionnaire devrait ne comprendre que des entrées concernant le roman policier. Si vous en êtes d'accord, ce sera ma première licence : je parle d'un univers littéraire qui est le mien, on y trouvera aussi bien du « polar » que du « noir ».
    S'agissant d'un univers « littéraire », il ne devrait y avoir ici que des livres. Ce sera ma seconde licence : incidemment, on y trouvera quelques films, quelques séries TV, quelques BD, des librairies, des blogs.
    Enfin, autant prévenir tout de suite : pour les définitions maîtrisées, les monographies exhaustives, les analyses thématiques, etc., le lecteur trouvera facilement d'excellents ouvrages (j'en cite quelques-uns, en fin de volume) qui correspondront à cette attente. C'est à un écrivain que l'éditeur a confié ce Dictionnaire amoureux. Je parlerai donc ici en lecteur et en romancier. Il y aura des oublis impardonnables, des injustices, des jugements contestables. C'est inévitable mais je ne fais que respecter le projet de cette collection : c'est le dictionnaire de ce que j'aime (à quelques oublis près).
    Lorsque je lis un Dictionnaire amoureux, rien ne me fait plus plaisir que de découvrir des choses que je sais déjà. C'est un peu comme pour le Nobel de littérature : le jour de la proclamation, quand il s'agit de quelqu'un dont je connais déjà le nom, j'ai l'impression d'être cultivé. J'espère que ce Dictionnaire amoureux réservera au lecteur quelques-unes de ces satisfactions mais aussi quelques surprises, quelques découvertes. Et l'envie de lire et de relire encore cette littérature majeure qui, quoiqu'on en dise, reste durablement marquée par le prosaïsme de ses origines.
    Alphabétique (de « s'abîmer » à « vouloir-saisir »), totalement subjectif (« on a rendu à ce discours sa personne fondamentale qui est le JE »), sans prétention à l'exhaustivité..., je crois que les Fragments d'un discours amoureux (1977) peut être considéré comme l'ancêtre des Dictionnaires amoureux. Puisqu'il correspond très exactement à mon projet, je reprends donc ici, à la lettre, l'exergue de Roland Barthes : C'est donc un amoureux qui parle et qui dit : »

  • Deux destins qui s'affrontent, deux conceptions de la vie que tout oppose.
    La forêt tropicale semblait retenir son souffle dans la chaleur moite du crépuscule. Assise devant l'entrée de sa hutte, Élianta tourna les yeux vers Sandro qui s'avançait. Pourquoi ce mystérieux étranger, que l'on disait philosophe, s'acharnait-il à détruire secrètement la paix et la sérénité de sa tribu ? Elle ne reconnaissait plus ses proches, ne comprenait plus leurs réactions.... Qu'avaient-ils fait pour mériter ça ? D'heure en heure, Élianta sentait monter en elle sa détermination à protéger son peuple. Jamais elle ne laisserait cet homme jouer avec le bonheur des siens.

  • Écrire un Dictionnaire amoureux du Parfum a toujours été un rêve pour moi. Grande admiratrice et lectrice de cette collection, j'étais amoureuse de cette idée de pouvoir déclarer un jour ma flamme au parfum, l'objet de tous mes agréables tourments. Enchanteur, conteur, séducteur, le parfum m'attire depuis bien des années le nez et l'esprit. Il m'a prise un jour sans crier gare et depuis je ne me lasse pas d'essayer de comprendre et d'entrer dans « cette haute puanteur », ainsi que le nommait Michel de Montaigne, qui donne naissance à un espace voluptueux.
    Le parfum ne peut se résumer à une simple marchandise. Il est bien davantage. « Le parfum, c'est l'odeur plus l'homme », disait Jean Giono, soulignant cette nécessaire rencontre entre la peau et l'effluve, pour que s'exprime un parfum, en s'animant sur l'être qui le porte et même en le prolongeant. Le parfum fait parler le silence. Il habite l'absence. C'est pour cela qu'au travers d'un dictionnaire amoureux du parfum, j'ai à coeur de mettre en valeur tout le romanesque qu'il contient. Un parfum raconte une histoire, celle des êtres et de leur époque. Il touche les sensibilités et il unit les cultures, en restant une douce ou violente constante dans l'amour.

  • Difficile d'être « amoureux » de la géopolitique » ! En fait, il s'agit ici d'un dictionnaire libre et subjectif nourri de connaissances historiques. J'ai enrichi par des décennies d'expérience du fonctionnement du monde et des relations entre les puissances, installées ou émergentes. Le dictionnaire aborde les stratégies des acteurs étatiques, économiques, idéologiques, culturels ou sociétaux. Il traite aussi les scénarios dans les domaines géopolitiques, diplomatiques, économiques, commerciaux et écologiques, ainsi que la transformation souhaitable mais difficile de l'Europe, dans un monde où l'Occident a perdu le monopole de la puissance.
    Il comporte des portraits des grandes personnalités - César, Alexandre le Grand, Bonaparte, de Gaulle, Staline, Hitler, Mao - du passé lointain ou proche, ou d'aujourd'hui. Les 250 entrées de ce dictionnaire englobent la géopolitique issue du passé, siècles et millénaires dont les effets persistent. Celle du monde d'aujourd'hui : mondialisation, pandémie, flux démographiques, révolution numérique, compétition des puissances. Enfin, les futurs possibles issus des mouvements tectoniques qui secouent les principaux acteurs mondiaux.

  • Quand nous sommes revenus, nous ne pouvions parler à personne de cet enfer, de ces souffrances quotidiennes, de cette vie de bêtes battues que nous avions menée pendant près de deux ans dans une inhumanité indigne et impardonnable. Nous étions traumatisés et nous nous taisions. Et si, par hasard, nous nous risquions à évoquer ce passé si cruel, on ne nous croyait pas, on doutait de nos dires, on pensait que nous rajoutions des souffrances. De n'être pas crus nous vexait terriblement et, pendant longtemps, nous nous sommes tus. Puis j'ai beaucoup réfléchi : afin que la vie ait un sens après ce passé ignominieux, il me fallait témoigner pour révéler à tous, au monde, cette tragédie à nulle autre pareille. « Plus jamais ça », ont dit tous les déportés au retour des camps, et pourtant...

  • A la frontière d'un monde perdu, Makepeace-shérif d'une ville vidée de ses habitants, patrouille dans les rues en ruines, sauvant les livres des décombres, et conservant précieusement les armes trouvées dans les maisons.
    Cette terre froide et inhospitalière porte les stigmates de la catastrophe qui a détruit le monde alentour. Mais c'est là aussi que Makepeace découvre des preuves de survie : Ping tout d'abord, qui émerge de l'immensité de la forêt, parlant une langue inconnue et trahissant une peur terrible, mais avec qui Makepeace renoue des liens humains ; puis, de plus loin, lorsque le ciel de ces terres abandonnées est pour la première fois traversé par un avion.
    Alors Makepeace prend la route, à cheval, les armes à la ceinture et l'espoir chevillé au corps. A travers un paysage glacé, la silhouette sur son cheval semble hanter un monde désert, mais en croise bientôt d'autres : des survivants agressifs, des microsociétés construites sur la terreur, défendant leurs maigres biens et leurs villages squelettiques comme des forteresses, développant, à grands renforts de croyances apocalyptiques, un système de justice arbitraire et des camps de travail, renouant avec le pire de l'histoire et les cauchemars du monde disparu.
    Sur ses pas, Makepeace laisse l'empreinte de nos angoisses sur la survivance de notre civilisation, imprime la trace de nos intuitions et nos peurs quant aux recoins obscurs du genre humain, mais sème l'espoir, malgré tout, de la rédemption.
    Ecrit au cordeau, Au nord du monde saisit le lecteur, le glace et l'emporte à la fois, ne le quitte plus, le guide sur ces routes terrifiantes et sublimes, dans un monde fini où tout pourtant semble toujours pouvoir recommencer, par la seule force d'un personnage, Makepeace, création romanesque puissante et, à l'image du genre humain, insondable et inoubliable.

  • Comment réussir sa vie ?
    De plus en plus centrée sur l'acquisition d'un savoir faire, l'éducation se préoccupe de moins en moins de transmettre un savoir être. Elle vise davantage à nous permettre de faire face aux défis extérieurs de l'existence, qu'aux défis intérieurs : comment être en paix avec soi-même et avec les autres ? Comment réagir face à la souffrance ? Comment nous connaître nous-même et résoudre nos propres contradic-tions ? Comment acquérir une vraie liberté intérieure ? Comment aimer ? Comment finalement connaître un bonheur véritable, qui relève au moins autant de la qualité de la relation à soi-même et aux autres que de la réussite sociale et de l'acquisition de biens matériels ?
    Les sages du monde entier - de Socrate à Spinoza en passant par Bouddha, Jésus et Montaigne - nous ont légué des clés permettant de développer sa vie intérieure pour vivre de manière pleinement humaine : dire " oui " à la vie, lâcher prise, se connaître et apprendre à discerner, vivre dans l'instant présent, se maîtriser et acquérir des vertus, faire le silence en soi, savoir choisir et pardonner etc.
    Frédéric Lenoir nous montre que ces clés de sagesse universelle n'ont rien perdu de leur pertinence. Faisant part de son expérience personnelle, il nous livre dans un style limpide et accessible à tous un " petit traité " qui aide à vivre.

  • L'adieu interdit

    Marie de Hennezel

    • Plon
    • 15 Octobre 2020

    Les seniors sont au coeur de la crise que nous connaissons du Covid-19 : 71% des décès directement issus du virus Covid-19 sont des personnes âgées de 75 ans et plus. Les protéger est un objectif politique majeur. Mais si, voulant les protéger, nous les asphyxiions ?
    Marie de Hennezel, dans une dénonciation forte dans Le Monde du 4 mai 2020 :
    « Je remets en cause la folie hygiéniste qui, sous prétexte de protéger les personnes âgées arrivées dans la dernière trajectoire de leur vie, impose des situations proprement inhumaines. » L'Adieu interdit développe cette dénonciation de la politique de confinement strict des âgés à l'heure du covid-19, leur interdisant embrassades avec leur enfants ou petits-enfants, mots d'adieu, présence de proches. L'accroissement du déni de mort de notre société, la remise en cause des acquis sur la dignité du mourir, la négation du besoin d'accompagnement du mourant dans ses derniers moments, sont les conséquences de cette politique.
    Dans un texte fort, et doux, elle rappelle la nécessité de méditer sur le sens de l'existence, « Et sur une vie où le devoir d'accompagnement de ceux qui vont mourir impose naturellement la présence et les mots d'adieu ».

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