Croquant

  • Vive Louise Michel ! célébrité et postérité d'une figure anarchiste Nouv.

    Louise Michel (1830-1905) est aujourd'hui devenue une figure historique importante : elle est une image de lutte et de révolte, admirée comme une icône de femme libre. Elle a donné son nom à de nombreuses rues et écoles, et elle a même été proposée pour entrer au Panthéon. Mais comment cette combattante de la Commune de Paris, propagandiste anarchiste, déportée et emprisonnée par les gouvernements de la IIIe République, a-t-elle été intégrée dans la mémoire collective nationale ? C'est cette énigme que le livre entend résoudre. De la Commune de Paris à nos jours, il dévoile ce qui a fait de Louise Michel une femme célèbre et analyse sa trajectoire dans les mémoires des XXe et XXIe siècles. Loin d'un processus linéaire, cette figure a fait l'objet d'appropriations multiples, conflictuelles et concurrentielles, qui coexistent encore aujourd'hui.

  • Le présent ouvrage propose une réflexion sur la notion de schibboleth, cette distinction qui départage ce qui est considéré comme « d'ici » et ce qui est « d'ailleurs ». Elle permet de rendre compte de la manière la plus adéquate de la condition psychique et anthropologique d'un sujet issu de parents dissemblables, de cette « condition métisse ». Il s'agit d'explorer la question du métissage en nous inscrivant dans la société contemporaine qui, du fait même des brassages, pose non seulement la question de la tolérance envers l'autre étranger, mais aussi celle de la manière dont l'étranger se reconnaît comme tel, et dont se construit l'identité de chacun à partir de cette situation et, enfin le lien avec cette « inquiétante étrangeté » qu'invoquait Sigmund Freud, cette partie de nous que nous préférons ignorer.

  • Le choix de la non-violence ; crise du Covid-19, vulnérabilité, interdépendance et non-violence Nouv.

    Soutien à la lutte de libération algérienne et vietnamienne, immersion dans Mai 68 qui a posé la question de la « rupture révolutionnaire », deux voyages d´« étude » au Chili de l´Unité populaire en 1972 et 1973, ensuite chargé de suivre la question palestinienne (« voyages » en Israël et en Palestine), enfin implication totale dans la bataille non-violente contre les euromissiles en Méditerranée. Tel est le contexte qui m´a amené, progressivement, à m´interroger sur la question de la violence et de la non-violence et bientôt à assumer le choix de la non-violence. Ce choix n´est pas d´abord un choix philosophique, ni issu de lectures spécifiques, il est le produit d´une expérience militante intensément vécue, accompagnée et suivie d´une réflexion politique et théorique. Il s´agit d´un choix qui n´atténue en rien l´objectif d´une transformation d´ensemble de la société, d´un processus de réformes de structures mené par un mouvement démocratique de masse.

  • Le spontané n'a pas bonne réputation. Il est animal (mouvement incontrôlé, instinctif), il ne veut rien dire (comme l'événement, il est « rupture d'intelligibilité »), ou alors naïf (mouvements « semi-spontanés », autrement dit pseudo- spontanés), infra scientifique (« sociologie spontanée ») ou « purement » idéologique (spontanéisme, luxembourgisme...). Pourtant, chassez le spontané par la porte, il revient par la fenêtre : l'actualité récente déborde de mouvements « spontanés » où les organisations sont débordées, les militants ne semblent pas à l'initiative, sur fond de grande méfiance vis-à-vis des partis et des « corps intermédiaires ». Une des significations explicites, c'est la revendication de plus de démocratie directe et moins de démocratie représentative, qui court depuis Nuit Debout jusqu'aux Gilets jaunes, mais que l'on retrouve aussi dans le mouvement des urgences ou lors des manifestations du Premier Mai, pour ne prendre que la France.
    Mais s'il est relativement facile de comprendre ce contre quoi ces mouvements s'expriment (État, partis, inégalités sociales, néolibéralisme...), il est plus délicat de définir en positif un mouvement dit « spontané ». Notamment parce que, faute d'accumulation de savoirs sur ce point, les pistes à suivre et les synonymes sont nombreux : authenticité, événementiel, réseaux sociaux, sociabilité, (dé)politisation, socialisation primaire, prédispositions, conditions initiales, contexte, médiatisation, répression, dynamique de mobilisation, inadéquation du syndicalisme, militants de la cause spontanée, spontanéisme, contestation, subversion, néolibéralisme, nationalisme, « leadership spontané », volontarisme d'avant garde, extrême droite.... Ces pistes sont non exhaustives et à valeur indicative.

  • Les alarmes des scientifiques pleuvent comme à Gravelotte. La préoccupation liée au changement climatique est désormais dans toutes les têtes.
    Chacun essaye de modifier ses pratiques individuelles, à petite échelle, démarche salutaire mais limitée. Il y a besoin d'un changement de braquet, et, on voit encore difficilement émerger des solutions collectives qui changent le système de manière décisive, qui nous fasse gagner la bataille du climat !
    Face à des discours de « fin du monde », d'autant plus démobilisateurs que souvent sans solutions, ce livre se veut un signal d'espoir. Oui, il est possible de changer les choses ! Concrètement. Et il verse au débat un grand nombre de propositions à usage immédiat.
    Plus qu'un signal d'espoir, il veut également être une contribution utile afin que se mette en oeuvre ces propositions ou d'autres. Il en appelle au dépassement des différences entre forces de gauche et écologistes. Il en appelle au rassemblement pour s'accorder sur du commun, et pourquoi pas sur ce programme unitaire pour le climat qui pourrait dessiner une part du consensus, afin de construire un monde de demain plus climato- compatible.
    Il est plus urgent que jamais d'en débattre, de s'accorder et d'agir !
    Ecrit à quatre mains, cet ouvrage est le fruit de la rencontre entre deux hommes de terrain engagés dans les actes concrets pour changer la vie :
    Jacques Baudrier, adjoint au maire de Paris, et Alain Pagano maître de conférences en écologie à l'université d'Angers et ex-conseiller municipal d'Angers.

  • Ce livre veut rendre visible ce qui se passe dans les coulisses d´un grand service public, La Poste, du point de vue de ceux qui y travaillent. Il souhaite ainsi aider à comprendre, au travers et au-delà du cas de La Poste et des facteurs, quels sont les liens entre la dégradation des services publics et la dégradation des conditions de travail et des métiers de ceux qui les font fonctionner et montrer combien les enjeux de la qualité du travail et ceux de la qualité de la vie sociale sont solidaires. En faisant ce détour par les coulisses de la distribution du courrier et des colis, nous souhaitons alimenter la réflexion et le débat citoyens tant sur l´avenir des services publics que sur le sort fait aux travailleurs du secteur public. Si ces deux enjeux sont bien indissociables, alors des convergences entre usagers et salariés sont à la fois nécessaires et possibles.

  • La période de confinement n´a masqué les tensions inhérentes à notre système scolaire qu´aux yeux de ceux qui ne voulaient pas voir. Pour certains, les technologies de l´information et de la communication ont fait la preuve de leur nécessité et de leur efficacité, au point de bouleverser les schémas traditionnels, des « super profs » feraient dorénavant de « super cours » diffusés via l´internet, et les enseignant.e.s se contenteraient d´accompagner les élèves en difficulté. Pour d´autres, elles ont révélé leur nocivité, accru les inégalités, tandis que l´une des fonctions essentielles de l´école, séparer, quelques heures par jour, les enfants de leurs parents pour les inscrire dans la communauté de leurs pairs, se manifestait par son absence.

  • En 2020, les paysans français auront subi d´importantes pertes de revenu en raison des conséquences cumulées de la pandémie du coronavirus et de la sécheresse estivale. Le coronavirus a perturbé les marchés et fait chuter les prix dans de nombreuses filières. La sécheresse a réduit les rendements céréaliers, tandis que les prix restent anormalement bas du fait de stocks conséquents dans les pays exportateurs. Le manque d´herbe et de fourrage pour l´hiver renchérit durablement les coûts de production de la viande et du lait, sans être pris en compte par les marchés. Pour assurer notre souveraineté alimentaire, l´agriculture doit promouvoir sans attendre des méthodes de production qui préservent la fertilité des sols. Cela passe par l´agro-écologie, l´agroforesterie, la gestion intelligente de l´eau, les circuits courts, une moindre consommation de protéines animales. Cela suppose aussi une meilleure rémunération du travail de paysans. C´est une question de volonté politique.

  • L'ouvrage vise à éclairer la notion « d'intersectionnalité » (également qualifiée de « sainte trinité » genre, « race » et classe) qui polarise aujourd'hui le monde universitaire mais aussi le débat politique en France. S'éloignant des incompréhensibles querelles de chapelle, il utilise une entrée triplement originale : la sociologie des mouvements sociaux, c'est-à-dire la pratique ; l'Amérique Latine, terre des plus puissants de ces mouvements sociaux ; avec une profondeur historique de 40 ans, qui contredit l'idée d'une nouveauté radicale de cette approche mais permet de mieux en saisir l'importance théorique et politique.
    « Lutter » analyse successivement la participation des femmes dans la guérilla salvadorienne des années 80, celle des femmes Indiennes dans le mouvement zapatiste au Mexique depuis 1994, les propositions du mouvement des femmes Noires aux Etats-Unis puis au Brésil, et enfin la synthèse des revendications féministes, anti-racistes et anti-capitalistes qu'ont élaboré certains courants du féminisme latino-américain. L'analyse des liens entre l'appartenance à différents groupes dominés et la subjectivation politique apporte des pistes pour la France : quelles manières de s'organiser plus « inclusives » permettent-elles de définir des intérêts réellement communs et de créer « un monde où tous les mondes aient leur place », selon la belle formule du mouvement zapatiste ?

  • Cet ouvrage collectif répond à une nécessité impérieuse, celle de mettre en lumière les relations tissées entre pays africains et Union européenne dans la dernière décennie. Dans ce secteur marginalisé, y compris dans la sphère altermondialiste, il s´agit de prendre la mesure des passifs occasionnés par des décennies de relations inégales, spécialement dans la zone francophone. Malgré les bouleversements qui ont mis à bas l´empire soviétique ou celui des USA en Amérique latine, ces relations restent régies par l´ordre néocolonial, sous l´égide d´une caste dictatoriale dite françafricaine"", selon la formule du regretté François Xavier Verschave.

  • La crise du coronavirus a été une répétition générale de l' effondrement qui vient. Celui-ci sera le produit d' une combinaison de crises, économique, sociale, sanitaire, écologique et climatique. Comment empêcher le capitalisme de catastrophe de nous emmener droit dans le mur ? Les forces d' émancipation doivent prendre la mesure de leurs responsabilités qui ne se réduit plus à la défense d' une classe sociale mais de l' humanité tout entière. Face à ce capitalisme de la destruction, la construction d' une écologie politique de rupture devient une nécessité urgente.
    Ce recueil rassemble dans une première partie les éditoriaux publiés par Pour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS) durant la crise du coronavirus pour montrer comment s' élabore une orientation de rupture écologique face à l' écologie du greenwashing et à la tentation d' un éco-autoritarisme. Un mouvement politique ne se construit pas à l' abri de l' événement. Il ne peut se constituer qu' en produisant une pensée et une pratique au sein du mouvement réel.
    Dans les parties suivantes, cette publication rassemble des contributions plus développées, diverses déclarations du mouvement PEPS, ainsi que les textes de fondation de PEPS (Pour une Ecologie Populaire et Sociale).
    Ce mouvement confédéraliste de l' écologie de rupture souhaite rassembler toutes ses composantes (éco-socialisme, décroissance choisie, éco féminisme, écologie populaire, écologie décoloniale, écologie sociale communaliste).
    Les dernières élections municipales ont montré l' affirmation de l' environnementalisme et de l' écologie libérale des classes moyennes à capital culturel aisé des centres ville. Mais la coupure avec les préoccupations des classes populaires et son adaptabilité au capitalisme repeint en vert suscitera une nouvelle vague de déceptions. L' écologie de rupture n' est pas soluble dans la compromission. Elle est d' abord un projet, celui d' une société de post-croissance qui sort du capitalisme productiviste et se fonde sur une nouvelle alliance, celle d' un Front populaire écologique qui repose sur l' autonomie sociale et l' émancipation collective.

  • Ce livre écrit à quatre mains est le fruit d´une rencontre entre deux scientifiques militants. Trois exemples concrets sont étudiés : Les entreprises autogérées, en particulier la scopTi créée après les 1336 jours de lutte des Fralib, les maisons du peuple anciennes et les nouvelles créées par le mouvement des Gilets jaunes, les actions environnementales citoyennes contre la pollution d´anciennes mines du bassin cévenol. Les dynamiques mises en oeuvre, différentes dans les trois cas, résultent toujours d´interactions entre les protagonistes et l´entourage. Ces interactions permettent d´affronter les contradictions engendrées par le développement de ces dynamiques dans un contexte capitaliste. Les résultats présentés ici sont autant de pistes de réflexion pour tous ceux qui luttent pour un réel changement de société et, au-delà, pour tous ceux qui s´interrogent sur les potentielles avancées des mouvements en cours.

  • Comment les étudiants sont-ils devenus un groupe social, organisé et reconnu comme tel ? L´analyse socio-historique comparée de la France et de l´Allemagne révèle le rôle des organisations étudiantes dans ce processus. Par leur double rôle de représentation et de socialisation, elles ont contribué à faire des étudiants autre chose qu´une collection d´individus : un groupe aux caractéristiques, revendications, besoins et intérêts communs. En articulant rapport à l´État et sociabilité associative, formes de socialisation et manifestations politiques, négociations avec les pouvoirs publics et catégorisation bureaucratique ou encore création d´alliances nationales et conflits locaux, l´auteur retrace à la fois la formation des étudiants comme groupe entre 1880 et 1914 et les origines des formes actuelles de leur organisation, de leur action et de leur représentation collectives. Il éclaire l´importance du travail de mobilisation dans la formation et la reproduction d´un groupe social.

  • « Qu´ils se servent de leurs armes une bonne fois (...) On a, je crois, la quatrième armée du monde. Elle est capable de mettre fin à ces saloperies » : la sortie martiale d´un célèbre philosophe français dit quelque chose de la brutalité des réactions qu´a suscitées le mouvement des gilets jaunes. On sait que les moments de grande conflictualité sociale polarisent le débat politique. Les gilets jaunes n´auront pas fait exception, alimentant tantôt de vifs espoirs d´émancipation, tantôt l´image inquiétante d´une horde de sauvages assiégeant la République. Face à certains discours outranciers, il est tenant d´épouser le registre de la dénonciation morale. On gagne à les prendre au sérieux : quelles conceptions de la « démocratie », du « peuple », de la « violence » ou encore de la « vérité » ressortent du traitement médiatique des gilets jaunes ? Sous la liberté de ton de l´essai, le livre invite à se saisir des outils des sciences sociales pour décrypter le discours médiatique.

  • Fréquemment utilisée dans le débat politique français, la notion de « service public » constitue un concept-clef de l'État et de la culture républicaine. En proposant une sociogenèse de cette idée sous la IIIe République, cet ouvrage revient sur une période considérée comme fondatrice et permet de comprendre le privilège des milieux juridiques dans la promotion de cette notion. Il fait l'hypothèse que c'est alors la volonté de certains acteurs de réorganiser le champ du droit qui constitue un facteur déterminant pour expliquer la captation de cette idée par les membres du Conseil d'État et les professeurs de droit public.
    Le service public y apparaît ainsi comme un discours de rechange des élites du monde juridique et administratif, mais qui, dans un contexte en voie de démocratisation, n'est pas toujours contrôlé par elles. Alors qu'aujourd'hui, les références à la IIIe République et à la culture républicaine se font, y compris au plus haut sommet de l'État, de plus en plus récurrentes, ce livre sur le service public, qui restitue une enquête de sciences sociales à la fois fouillée et accessible, intéressera le lecteur curieux d'en savoir plus sur la genèse de ce phénomène politique.

  • Demandez aujourd'hui à des jeunes femmes si elles savent à quand remonte la loi libéralisant l'avortement, elles sauront plus ou moins qu'elle date des années 70 et que nous la devons à Simone Veil devenue aujourd'hui l'icône incontestée du féminisme. Mais si vous les questionnez sur l'histoire de cette loi, presque toutes ignorent les mouvements qui ont conduit, pour ne pas dire acculé le gouvernement Giscard à modifier la loi de 1920.
    Maintenant si vous interrogez les ex-militantes du MLF, de Choisir, du Planning Familial ou du MLAC, elles vous diront toutes que c'est grâce à leur lutte que la loi a changé.
    Le Manifeste des 343 « Salopes », publié le 5 avril 1971 dans le Nouvel Observateur, a incontestablement ouvert la brèche qui a mené à l'abrogation de la loi de 1920 et à la libéralisation de l'interruption de grossesse. Les 343 personnalités féminines qui n'ont pas hésité à s'exposer en affirmant publiquement qu'elles avaient avorté, ont permis que d'autres femmes se mobilisent pour le droit à l'avortement. Le MLF, à travers ses manifestations, ses meetings et ses happenings, a milité avec toute sa radicalité pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Le Planning Familial, plus modéré, a oeuvré avec constance pour diffuser l'information sur la contraception, puis, entraîné par sa nouvelle présidente, Simone IFF, il s'est associé à la lutte pour le droit à l'avortement. Gisèle Halimi, à travers son mouvement « Choisir » et l'immense retentissement du procès de Bobigny, s'est battue sur le terrain législatif, quant au MLAC (Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception), en pratiquant au grand jour des avortements, en organisant des voyages groupés de femmes allant avorter en Hollande ou en Angleterre, il a porté le scandale sur la place publique et a ouvertement bafoué la loi en vigueur. C'est donc bien la convergence de tous ces mouvements qui a amené le gouvernement Giscard à modifier la loi.

  • Le GIEC réactualise régulièrement les échéances de la fin annoncée. Malgré la COP 21, le climat échappe à tout contrôle. Un sentiment d'impuissance peut légitimement nous envahir.
    Y a-t-il encore une place pour une perspective et une pratique politiques quand nous marchons vers l'apocalypse, quand nous savons tous confusément que nous n'échapperons pas à la catastrophe climatique et écologique ? Un processus de dégradation plus rapide que prévu a déjà commencé. De bonnes décisions prises et appliquées à l'échelle du monde permettraient tout juste d'en limiter l'aggravation après 2050.
    Ne reste-t-il plus qu'à attendre que l'effondrement soit complet pour commencer à penser l'humanité d'après ? La rage populaire qui se répand contre les pouvoirs dénonce pèle mêle l'incapacité des responsables gouvernementaux et économiques, leur corruption, leur violence, leur inconsistance écologique. Partout dans le monde, des femmes et des hommes s'opposent, parfois au risque de leur vie, aux projets destructeurs de l'environnement.
    Le mouvement des Gilets jaunes en France a ébranlé l'État et porté une critique de masse du capitalisme rentier comme d'une démocratie représentative crépusculaire, mis la question de l'égalité et de la solidarité au centre des débats. Aucun mouvement politique traditionnel n'a su vraiment ce qu'il pouvait en faire, ni même en penser.
    « Nos rêves ne rentrent pas dans vos urnes », disaient les indignés espagnols.
    Il s'agit aujourd'hui de faire de ces rêves une « force matérielle » comme aurait dit Marx.
    Celle-ci est déjà là, dans les soulèvements comme dans les expériences et les résistances, des lanceurs d'alerte à Notre Dame des Landes, de l'Aquarius au comité Adama. Il nous faut donc l'identifier, la nommer, donner à ces fragments d'une politique une visibilité, une langue, une continuité et une conscience d'elle-même. C'est à cette urgence de l'heure que cet ouvrage voudrait modestement contribuer.

  • Claude Juin a fait la connaissance de Jean lors de son service militaire dans une caserne à Coblence en Allemagne. Tous deux appelés en décembre 1955, ils ont été affectés au même poste de combat en Algérie en mai 1957. Jean s'est rapide- ment montré violent avec les Algériens et a participé à des actes de torture et d'assassinat de suspects ou de combat- tants du FLN qui eurent lieu à la ferme Moll.
    Ne cessant de vouloir analyser la guerre d'Algérie et rompre le silence qui pouvait l'entourer dans les années qui sui- virent sa démobilisation, Claude Juin s'est engagé dans un travail de thèse. Lors de sa soutenance, des questions sur ce qu'était devenu Jean l'ont conduit à le retrouver, et à chercher à comprendre comment il analysait ses actes, soixante aux après la guerre.
    Cet ouvrage est le récit de ces retrouvailles, complété par Muriel Montagut qui analyse ce que peut recouvrir l'explica- tion de Jean qui se retranche derrière « une certaine ambiance d'alors » pour expliquer ses actes. Cette argumentation contraste en effet avec les explications habituellement avancées par les tortionnaires, qui oscillent entre l'expression de regrets et de culpabilité, et à l'opposé, l'absence de remords et le recours à des justifications de l'usage de la torture.
    Dans tous les cas, le lien à l'autre est maintenu puisque autrui est sollicité pour acter la volonté de repentance, ou au contraire pour approuver les fins d'intérêts collectifs avancées pour justifier des actes commis. Ces deux voies per- mettent au sujet tortionnaire de rester intégré dans la communauté humaine malgré des actes dits « inhumains » qui tendraient à les en exclure. Aussi les explications de Jean viennent poser une véritable énigme sociologique : si les tor- tionnaires qui se sentent coupables de leurs actes passés, ceux qui fuient leur responsabilité ou à l'opposé les assument pleinement, cherchent à réinscrire leurs actes par ces différents moyens dans l'ordre moral de la communauté humaine, comment expliquer la position de Jean, qui reconnaît avoir participé à des actes de torture, mais n'exprime ni regret, ni culpabilité, et avance pour seule justification « une certaine ambiance » d'alors ?

  • Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier haut en couleur, présenta sa candidature à l'élection présidentielle de 2016 du côté Républicain, très peu prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais Président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut vite déchanter : le bouffon caracola en tête.
    Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent importées dans la politique. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale.
    Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : lune chute de jour en jour plus prévisible.

  • Un beau dimanche de l'été algérois...

    Ce matin-là, quelque quinze mille participants se rassemblent au Stade municipal, à Belcourt, où le Congrès musulman algérien, formé deux mois plus tôt, rend compte de ses entretiens avec le gouvernement de Front populaire.

    Messali Hadj, venu par surprise de Paris où il dirige l'Étoile nord-africaine, dénonce la perspective de « rattachement à la France » prônée par le Congrès et reçoit un triomphe lorsqu'il proclame : « Cette terre n'est pas à vendre ! ».

    Au même moment, dans la Basse Casbah, le muphti d'Alger est poignardé en pleine rue, crime dont l'administration s'empresse d'imputer l'initiative au cheikh El-Okbi, figure algéroise du réformisme musulman Le meeting. Le discours. Le meurtre. Nourrie de nombre d'archives et témoignages inédits, cette enquête restitue au plus près le déroulement, d'un bout à l'autre de la ville, de cette matinée décisive.

  • Surpris par la manière dont les prix se déterminent dans la pêche artisanale en Bretagne et en Afrique, Paul Jorion voulut en avoir le coeur net : le prix se fixe-t-il bien, comme on le prétend, par la rencontre de l'offre et de la demande ? Ce qu'il découvrit, est surprenant : le prix se détermine selon le rapport de force existant entre le groupe des vendeurs et celui des acheteurs, qui se définit à son tour en fonction de la rareté relative de chacun de ceux-ci à l'intérieur du groupe auquel il appartient.
    La froide logique de l'offre et de la demande s'efface derrière les rapports humains et une image émerge : celle d'un cadre sociopolitique qui trouve dans les prix le moyen de se reproduire à l'identique. Statut social, degré de concurrence de chacun au sein de son groupe, risque que chacun fait subir à sa contrepartie dans une transaction commerciale étalée dans le temps, tout cela s'équivaut en réalité au sein d'une équation complexe.
    La théorie de la formation des prix qui se dégage est à la fois neuve et ancienne : c'est celle énoncée autrefois par Aristote. Son domaine de validité ne se restreint pas aux marchés traditionnels puisque sa logique se retrouve intacte sur les marchés financiers contemporains : de la notation des consommateurs pour leur risque de crédit aux métamorphoses du métayage sur le marché des options et vies swaps.
    L'auteur 914968768 - en Europe, en Afrique et en Amérique - la boîte à outils qui lui a permis d'être l'un des tous premiers à annoncer la crise financière et économique et à l'analyser.

  • L'intérêt porté ici conjointement à l'automobile et au supermarché a pour ambition de réfléchir à l'évolution de nos modes de consommation depuis cinquante ans. La particularité de l'objet automobile est d'entretenir tous les fantasmes, le premier d'entre eux étant de pouvoir circuler librement. Si l'automobile recouvre un certain nombre de fonctionnalités, il n'en demeure pas moins qu'elle implique aussi certaines contraintes.
    Associer l'automobile à la consommation est devenu un acte d'une évidence déconcertante, le consommateur moderne ne pense plus son rapport à l'achat de produits courants, dont l'alimentation, qu'au travers d'un déplacement en véhicule à quatre roues (automobile ou chariot libre-service en grande surface d'ailleurs).

  • La pandémie du coronavirus a permis de soulever de graves questions sur notre société, sur notre monde. Il nous faut (re)penser notre présent et notre futur.

    Ce livre veut y contribuer. Il traite de politique internationale : la montée des insécurités, les logiques de puissance et le choc des stratégies, les conflits et la guerre, la course aux armements, les technologies militaires, les armes nucléaires, la politique internationale de Donald Trump, la France et l'Europe dans un ordre mondial en pleine mutation.

    Ce livre est avant tout un regard sur le monde qui s'annonce. Un regard critique et une mise en accusation d'un système qui produit la guerre, qui reproduit une pensée de la guerre, et qui crée de l'insécurité.

  • Le sport au secours de la sante - politiques de sante publique et activite physique. une sociohistoi Nouv.

empty