Sylvie Aprile

  • Ce livre s'attache à faire revivre un bref xix e siècle, aujourd'hui bien oublié. Des années qui séparent la Révolution française et l'Empire de la Troisième République, régime qui s'impose désormais, c'est la littérature et plus généralement la culture qui nous restent en mémoire. Les noms de Balzac, Chateaubriand, Hugo, Degas ou Haussmann sont plus familiers que ceux de Villèle, Ledru-Rollin, Persigny ou Pereire, élite de la nouvelle société qui se met alors en place. Ce xix e siècle est aussi celui des anonymes, de l'émergence non plus menaçante de la foule mais des votants, des agents de l'État, des consommateurs et des employés. L'autrice met en question les grandes inflexions et ruptures traditionnelles qui séparent le premier et le second xix e siècle, les césures de la monarchie parlementaire, la libéralisation du Second Empire. Ainsi, comment comprendre que la liberté, de tous les acquis de la Révolution le mieux ancré dans la société, ne s'impose pas comme le soubassement politique majeur des régimes qui se succèdent et donc n'étanche pas une soif de démocratie, déclencheur de deux nouvelles révolutions ? Tout cela est souvent considéré comme constitutif de « l'exception française ». La France est bien cependant connectée à un monde où l'expansion de la colonisation, les rivalités entre puissances, les enjeux économiques tissent une histoire globale qu'on doit affranchir du regard franco-français.

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  • Les chapitres : ils forment un récit, reprenant les grands thèmes et les chronologies (démographie, production, institutions, culture.).
    L'atelier de l'historien : le lecteur découvre la manière de travailler de l'historien. Cet atelier met en lumière les sources historiques et les débats d'historiens que la période a engendrés. Un atout majeur.
    Les annexes : indispensables pour comprendre le travail de l'historien, elles reprennent les repères chronologiques, les notices biographiques, la bibliographie par chapitre, la table des références iconographiques, les sources des textes, cartes et graphiques et l'index.

  • Louis XVIII, Chateaubriand, Napoléon, Mme de Staël, Victor Hugo, Louise Michel, Boulanger. Figures d'exilés. Destins de proscrits. Errants superbes aux prises avec la violence d'Etat, l'arbitraire, la guerre ou la révolution. Fugitifs continuant de l'extérieur le combat contre un régime qui les a contraints au départ. Au retour, comme Ulysse, l'exilé doit encore faire ses preuves pour retrouver sa place. Revenir d'exil, c'est s'exiler encore... Portée par une écriture alerte et vigoureuse, cette fresque de grand style fait revivre les tribulations de bannis qui ont marqué de leur empreinte l'histoire du XIXe siècle. L'épreuve est-elle la même pour l'émigré pendant la Révolution, le conventionnel régicide sous la Restauration, le proscrit républicain du Second Empire, le communard fuyant la déportation ou la prison ? Addition de ruptures, succession de pertes qui affectent le quotidien, l'exil est toujours une désorientation personnelle et culturelle, qui accompagne le déclassement politique et social. Une étude admirablement documentée et très vivante sur le temps des proscrits.

  • Auguste Scheurer-Kestner est connu surtout pour son intervention en faveur de la révision qui lui a coûté sa carrière. Il est mort le jour où Dreyfus a été gracié par le président Loubet et n'aura donc pas été témoin de sa réhabilitation. Les fondateurs de la IIIe République (dont il fut) ne viennent pas d'un mouvement républicain homogène qui se serait construit tout au long du siècle : il n'existe pas un modèle républicain unique. Cette biographie retrace la vie d'un des pères fondateurs de cette IIIe République et démontre que loin d'être linéaire, la formation du républicanisme français a été une construction heurtée, variée, plurielle selon les milieux économiques et sociaux et les régions. Quelles sont les idées, appartenances et rencontres qui fondent une carrière politique ? À travers la figure de Scheurer-Kestner, l'auteur ouvre des perspectives qui s'inscrivent dans le débat actuel.

  • Les années 1848-1870 ont été marquées, pour les Français, par une nouveauté politique considérable et définitive : la reconnaissance de leur droit de vote grâce à l'adoption du suffrage universel, encore restreint toutefois aux hommes. La Deuxième République (1848-1851) et le Second Empire (1852-1870) restent pourtant, à bien des égards, des régimes méconnus et critiqués. Au premier, on a vite et pour longtemps reproché les bons sentiments du début, la modération de ses dirigeants et représentants, puis leur incapacité à s'opposer à l'appétit de pouvoir du Prince-Président et à la fatalité du coup d'Etat bonapartiste. Quant au Second Empire, même réhabilité par la prospérité économique qui l'environne, il reste autoritaire et immoral, marqué par la personnalité ambiguë de Napoléon III et le désastre de Sedan.
    Pourtant ces années sont infiniment plus riches qu'il n'y parait. Certes, la France expérimente à nouveau des systèmes politiques déjà esquissés ou institués : exécutif collégial, assemblée unique, appel au peuple et élections nationales et locales mais elle tente aussi d'adosser la démocratie au changement social, à la province et non plus seulement à Paris, et de penser d'autres modes de représentation.
    Car rien n'est encore définitivement joué et la victoire de la forme républicaine n'est même pas encore assurée comme le montre la longue période du pouvoir impérial. A la lancinante question demeurée sans réponse - la Révolution est-elle achevée ? - se substituent de multiples interrogations sur la légitimité de la violence révolutionnaire, la république sociale, sur le libéralisme à la française, questions que ce livre se propose de restituer à travers les événements, les hommes célèbres et aussi les <> qui ont fait <>.

  • Au-delà des clichés et stéréotypes qui ont tissé durant des siècles les relations entre la France et la Grande-Bretagne, les auteurs de cette publication collective ont voulu analyser les usages et les représentations qui accompagnent adoption et rejet des idées de l'autre. Des travaux d'histoire politique, sociale et culturelle enrichissent une réflexion sur la circulation, les détournements, les appropriations des idées, mais aussi les contresens. Comment et par quels médiateurs et médiations s'érigent en modèles, s'identifient et se contredisent des faits aussi différents que l'organisation des polices londonienne et parisienne, la recherche en archéologie dans les deux nations, le libéralisme de part et d'autre de la Manche ? Telles sont, parmi d'autres, les questions - toutes relatives au XIXe siècle - proposées ici à la réflexion du lecteur. Les auteurs sont spécialistes d'histoire, de civilisation britannique, d'économie et de sociologie.

  • Si la discipline historique a déjà largement appréhendé le fait clandestin dans ses multiples composantes (origines, acteurs, esthétique, répression.
    ), elle a plus rarement cherché à l'analyser dans le cadre d'un espace spécifique. le colloque international "clandestinités urbaines", qui s'est tenu à l'université françois-rabelais de tours les 20 au 21 janvier 2006, s'est précisément donné pour ambition, à partir des approches croisées de l'histoire, de la littérature ou de la sociologie, d'aborder les pratiques clandestines dans leur dimension urbaine, avec la volonté d'en repérer les ressorts et les règles, les géographies et les itinéraires, les failles et les vulnérabilités.
    Les auteurs ont (l'abord cherché à décliner différentes formes de pratiques qui, du commerce clandestin au cryptojudaïsme, en passant par l'usage de stupéfiants ou la contrefaçon de livre, posent l'enjeu du rapport entre clandestinité et illégalité. cette première réflexion s'est prolongée dans l'évocation de figures ou de groupes particuliers qui, à une échelle plus fine, incarnent les stratégies d'évitement et de survie des différents acteurs concernés, ainsi que le type de ressources spécifiques au monde urbain.
    Dans un troisième temps, il s'agissait de mieux faire ressortir les formes ou les logiques de cette géographie clandestine, ainsi que la vigueur de ses transformations - très sensible par exemple dans les assauts de la ville haussmanienne contre l'habitat précaire, ou dans le paris de l'homosexualité au xxe siècle. l'étude des répressions faisait enfin apparaître l'ambivalence des évolutions du monde urbain contemporain, à la fois plus dense, plus ramifié, plus incontrôlable, mais aussi de mieux en mieux quadrillé et surveillé.
    A travers l'étude des clandestinités urbaines, c'est donc toute la question du rapport entre les individus, les groupes sociaux et les pouvoirs, qui se trouve posée, la ville formant par excellence, de l'époque moderne à nos jours, le laboratoire des libertés individuelles mais aussi le creuset des déviances et le terrain d'expérimentation privilégié de certaines techniques du contrôle social.

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