Perrin

  • Le manoir

    Maurin Picard

    • Perrin
    • 22 Octobre 2020

    « Versailles » citoyenne d'une jeune république née à la force des armes, « maison du peuple » américain, la Maison Blanche exerce, plus de deux siècles après son inauguration, une fascination sans égal parmi les hauts lieux de pouvoir sur la planète.
    Rien ne lui a été épargné, du moins sur celluloïde et dans la littérature. Combien de fois a-t-elle rasée, détruite, prise d'assaut, y compris par des envahisseurs venus de l'espace ? Combien d'intrigues sanglantes s'y sont noué sur le grand ou le petit écran ? Combien de crises internationales y ont-elles trouvé leur dénouement? Combien de films et de séries télévisées lui sont-elles consacrés, à commencer par la plus célèbre d'entre elles, The West Wing ?
    /> Symbole de pouvoir absolu, véritable mythe constitutionnel et source de folklore du roman national américain, la grande demeure patricienne fut pourtant le théâtre d'événements singuliers et dramatiques, que le temps a fini d'estomper. La Maison Blanche attire autant qu'elle révulse les Américains, méfiants vis-à-vis du gouvernement fédéral mais passionnément attachés à leur histoire présidentielle.
    Ces dirigeants ne furent pas toujours amènes envers l'intimidant « manoir exécutif ». Harry Truman l'appelait la « grande prison blanche » et ne rêvait que de s'en échapper. Sans doute ressentait-il le poids d'un passé écrasant, éminemment glorieux mais ô combien tragique. Le fantôme d'Abraham Lincoln y déambule, dit-on, à sa guise, depuis cette funeste soirée d'avril 1865 et cette représentation théâtrale à laquelle il eût bien volontiers renoncé. Les spectres de Première dames inconsolables y rôdent, eux aussi : Jane Pierce et Mary Todd Lincoln, orphelines d'enfants arrachés trop tôt à leur affection. Tout comme ceux des esclaves qui oeuvrèrent à ériger la bâtisse entre 1792 et 1800, et dont Michelle Obama finit par honorer la mémoire en 2016.
    De cette histoire épique émerge le portrait haletant d'un lieu de pouvoir jadis ouvert aux quatre vents mais aujourd'hui inaccessible au commun des mortels.
    Une histoire , servie par une rare talent d'écriture, racontée en une vingtaine de chapitres haletants qui constituent une véritable série narrative.

  • Une génération s'éteint. En allant pendant de longues années à la rencontre de vétérans français, américains, allemands, anglais ou polonais, Maurin Picard a su faire naître la confiance nécessaire pour que ces hommes, très souvent peu loquaces, acceptent de lui raconter ce que fut la Seconde Guerre mondiale à leur échelle. Il a ensuite inséré ces témoignages dans le récit de chaque opération, afin d'en donner le contexte et le déroulement au-delà de l'immédiat champ de vision du témoin. Tout en montrant la diversité des situations, ces témoignages illustrent de façon spectaculaire la part de l'homme dans une guerre matérielle. Ils permettent enfin, par une approche sensible, de rendre une identité à la masse de combattants anonymes en mettant en exergue l'engagement héroïque d'hommes qui se disent ordinaires.

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