Liam O'Flaherty

  • Liam O'Flaherty a tout d'un enragé d'Irlandais qui n'a de cesse de débarrasser son pays des brumes mythologiques qui lui tissent un manteau de pacotille. Dans ce recueil de nouvelles inédit en français, on ne s'affronte à rien d'autre qu'à la terre noire, la tourbe, la mer et les bêtes - à plumes ou à poils. On y croise des poules jalouses, un cormoran blessé, un lapin noir presque surnaturel, un petit chien blanc, un papillon folâtre, un congre monstrueux.
    On assiste à la mort d'une vache, à la naissance de trois agneaux, au martyr d'un bouvillon, à la destruction d'un nid et à la lutte à mort entre une chèvre sauvage et un chien affamé.
    La devise de Liam O'Flaherty tient dans un seul mot : la rage. Il faut faire tomber les masques, ici et maintenant. Le style, à la mesure du propos, est celui d'un baroudeur ; la langue est taillée à la hache : « Je suis né sur un rocher battu par les tempêtes et je hais la molle végétation des terres cuites par le soleil, où le gel ne pénètre pas les os des hommes jusqu'à la moelle. La pensée rapide et le vol véloce d'oiseaux affamés, le glapissement de terreur des animaux pourchassés représentent pour moi la réalité. J'ai vu le cerf assouvi encorner sa femelle, et le vagabond quitter sa femme pour aller chercher d'autres seins, en ayant encore le feu de la joie au fond des yeux »

  • L'âme noire

    Liam O'Flaherty

    La mer rugit lugubrement autour des rivages d'Inverara.
    Un étranger, blessé dans son corps et dans son esprit par l'éclatement d'un obus, vient loger sur l'île, chez un couple dont les années de mariage ont été dépourvues de joie - et la présence de l'arrivant déchaîne leurs passions. Car, à mesure que le printemps adoucit la beauté sauvage d'Inverara, l'Etranger prend conscience de la présence à ses côtés de la brune Mary - toute frémissante de vie à l'approche de l'été.
    Jamais elle n'a aimé un homme avant lui et l'éveil de sa sexualité la grise. Mais avec l'automne vient le danger. Les paysans superstitieux grondent contre Mary ; John le Rouge rit de tout et de rien, on lit le meurtre dans ses yeux ; et, pour finir, c'est un hurlement de dément qui réexpédie brutalement l'Etranger parmi les sains d'esprit... " Ce livre est le plus sauvage de la littérature irlandaise moderne.
    Je le qualifie de " sauvage ", parce que les passions primitives s'y déchaînent librement. " (George Russell). " L'énergie d'un pur génie. " (W. B. Yeats).

  • Le mouchard

    Liam O'Flaherty

    Caché dans les environs de Dublin, mis au banc de la société pour avoir commis une faute grave au sein de l'Organisation révolutionnaire, Gypo Nolan va commettre l'irréparable : vendre à la police britannique son ancien complice et meilleur ami, en échange de quelques billets...

    Aucun passant. La bruine tombait lentement. Il examina la rue, les magasins sur la droite et vis-à-vis, le mur nu. Ses yeux se reportèrent alors sur la lanterne suspendue au-dessus de la porte du commissariat. Poussant un profond soupir, il s'avança vers la lanterne d'une démarche lente et lourde au possible.
    Il gravit les escaliers l'un après l'autre, d'un pas régulier, en faisant craquer bruyamment les marches. D'un coup de pied il ouvrit la porte, sans retirer les mains de ses poches. Dans le vestibule, il se trouva nez à nez avec un policeman coiffé d'un casque de nuit noir, en forme de cône. L'homme retirait ses gants. Gypo s'arrêta et le regarda droit dans les yeux.
    « Je viens réclamer la prime de vingt livres offerte par le Syndicat des fermiers pour des renseignements concernant le nommé Francis-Joseph Mac Phillip », dit-il d'une voix basse et profonde.


  • a mes ennemis ce poignard est un livre écumant de désespoir et d'intelligence, comparable par sa dimension poétique au voyage au bout de la nuit de louis-ferdinand céline.
    hargne, compassion, générosité, cruauté, démence : l'écrivain ne s'épargne rien, et la passion seule, entière, le sauve de tous ses malheurs. o'flaherty raconte toute sa vie : la faim, la guerre, l'errance. abandonnant derrière lui femme et enfant, il part pour la france ; à paris puis en bretagne, il se nourrit d'expériences qui feront de lui un écrivain. des îles d'aran à l'espagne, de l'allemagne aux etats-unis, de londres à la russie soviétique, o'flaherty n'aura de cesse de parcourir le monde comme un damné.
    achevant cette quête presque fatale parmi les pêcheurs bretons, il en arrive à une conclusion dévastatrice qui le sauve en tant qu'homme et en tant qu'artiste.

  • Mouchard

    Liam O'Flaherty

    Dans le Dublin des années vingt, Gypo Nolan, un ancien membre de l'Organisation révolutionnaire, exclu pour faute grave, est un être déchu, mis au ban de la société.
    Pour quelques livres, il va commettre l'irréparable en vendant aux Britanniques son ancien complice et meilleur ami, Frank Mac Phillip. Véritable portrait d'un traître, Le Mouchard, retrace les vingt-quatre heures qui suivent ce geste impardonnable, l'errance cauchemardesque de Gypo dans les bas-fonds de la capitale, son euphorie provoquée par la richesse soudaine et l'alcool, ses crises de doute et ses vains espoirs de réhabilitation.
    Gypo le dénonciateur, suspecté, traqué, puis trahi à son tour, perdra peu à peu tout contact avec la réalité, s'enfonçant plus profondément dans le remords et le mensonge. Cette oeuvre oppressante sur l'enfermement et l'échec a été adaptée au cinéma par John Ford et reste, de l'avis de tous les spécialistes, le meilleur roman de Liam O'Flaherty.

  • Venu à dublin pour épouser une jeune fille, bartly madden, un simple paysan du connemara, va devenir le héros de la nuit de l'insurrection de pâques 1916.
    Fortuitement mêlé au combat des insurgés, il rejoint kinsella, le commandant d'une troupe de rebelles et fait la connaissance de stapleton, poète et anarchiste, qui lui insufflera l'idée du juste combat. insurrection est la dernière oeuvre d'un ensemble romanesque qui couvre l'histoire de l'irlande de 1845 à 1922.

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