Sciences humaines & sociales

  • « Ce vendredi 13 novembre 2015, je suis avec deux amis à un concert de rock, au Bataclan. Nous sommes là pour boire des bières, écouter de la bonne musique. La vie, quoi.
    À environ 21 h 40, c'est par un bruit de pétards que l'Histoire me percute. Le temps, en me retournant, de voir un terroriste, son regard haineux, et les flammes sortir du canon de sa kalash, tout s'accélère, je suis projeté en avant dans la fosse. Pendant plusieurs minutes sous le feu, je perds de vue mes amis et parviens à me réfugier dans un «cagibi» à droite de la scène. Nous n'en sortons que deux heures plus tard, libérés par le Raid.
    Les jours suivants, je suis pris dans un tourbillon. Je dois gérer le deuil de mon ami Vincent et mon retour au travail. L'esprit bombardé de questionnements et de sollicitations, je décide d'écrire un journal pour coucher mes réactions à chaud, me vider, me reconstruire.
    Le texte est tel quel, brut, sans relecture et réécriture, avec la violence et l'absence de recul critique que cela peut entraîner.
    Avant d'être victime d'attentat, je suis enseignant et historien, j'ai travaillé sur l'Islam médiéval et sur les usages politiques de l'histoire. Avec les attentats, la violence du réel a frappé ma conscience du réel.
    Cinq ans après les attentats, deux ans après la fin de ce journal, il était temps de faire le bilan. »

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  • L'avion est entré dans nos vies.
    Le terrorisme aérien aussi. Depuis quarante ans, criminels et terroristes adaptent leurs méthodes et leurs moyens pour tenter de faire pression sur l'histoire ou le destin en détournant, tuant, détruisant des aéronefs. Aujourd'hui, l'avion lui-même s'est transformé en " une bombe " de nouvelle génération projetable sur un objectif prédéfini. Que faire? Potentiellement, tous les objets sont dangereux! La fourchette, la bouteille de vin, les lacets, les piles, les ordinateurs, les coupe-ongles, les lampes-torches.
    En juillet 2006, un complot visant dix avions de ligne reliant l'Europe aux États-Unis le même jour est découvert: des explosifs liquides devaient être utilisés par des kamikazes ayant décidé de sacrifier leurs propres enfants à la cause. Dans la précipitation, les liquides sont désormais interdits à bord des avions de ligne. Les gouvernements poussent au plus loin le principe de précaution qui amène à la déresponsabilisation du citoyen.
    L'inspection se dégrade. Les agents de sûreté sont inadaptés à la tâche ingrate qui leur est confiée. La protection du transport aérien est une grande illusion entretenue par les responsables des aviations civiles. Or, depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme aérien se doit d'être spectaculaire. Le pire est à craindre. Cependant, des solutions existent. Selon l'auteur, il faudrait moins se polariser sur les objets et s'intéresser davantage aux passagers...

  • De l'histoire au mythe identitaire.

    La bataille de Poitiers, en 732 (ou 733), opposant les troupes arabo-berbères d'Abd el-Rahman aux Francs de Charles Martel, est un événement de l'histoire de France, peu à peu devenu mythe historiographique et enjeu de mémoire. Alors que le dernier livre véritablement consacré à la question date de 1966, les années 2000 ont vu l'apparition d'un nombre croissant de publications souvent écrites sans distance ni mesure. Au même moment, la commémoration de l'événement devient l'objet d'utilisations politiques par l'extrême droite occidentale, phénomène qui a culminé en France avec l'occupation en octobre 2012 du chantier de la mosquée de Poitiers par le groupe Génération Identitaire.

    Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire propose, alors que les mémoires s'enflamment, de revenir tout d'abord à l'histoire mal connue de la bataille en la resituant dans le contexte large des relations entre le monde franc et l'empire islamique. Puis d'analyser, en deuxième partie, les échos successifs rencontrés par le souvenir de la bataille au Moyen Âge, à l'époque moderne, auprès des philosophes des Lumières et des romantiques, dans les écoles de la IIIe et de la IVe République et au sein de la culture populaire. Une attention particulière est portée à l'actualité récente du mythe de Poitiers, notamment au sein des extrêmes droites française et européenne. Ce travail inédit d'histoire et d'historiographie permet de nuancer la portée réelle de la bataille, tant au moment des faits que dans les mémoires.

  • Tout le monde a en tête certaines phrases : « Je vous ai compris ! » « Nos ancêtres les Gaulois. » « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! » Elles ont longtemps figuré dans les manuels d'histoire, avant d'en être expulsées - ce qui ne les a pas empêchées de continuer à hanter notre imaginaire commun, alors même que leur fausseté ou leur caractère apocryphe étaient démontrés. Aurore Chéry, William Blanc et Christophe Naudin proposent dans cet ouvrage une déconstruction de chacune de ces assertions qui en disent finalement plus long sur le contexte qui les a vus naître ou les réactive que sur le fait historique lui-même. Ils démontrent ainsi le pouvoir des mots, et l'usage politique que l'on peut faire de la langue.

  • Lorànt Deutsch passe aujourd'hui pour un historien débonnaire mettant l'histoire à portée de tous. Or, l'immense succès des livres et documentaires du comédien, loin de véhiculer une l'histoire sans idéologie, s'appuient sur une vision profondément réactionnaire de notre passé. Les auteurs des Historiens de garde démontrent, grâce une étude du Métronome, en quoi Lorànt Deutsch est l'héritier des historiens d'extrême droite et la façon dont il interprète l'histoire au profit du "roman national" cher à Barrès et à Patrick Buisson.

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