Charles Heimberg

  • Mémoires blessées proposent une suite de brefs tableaux, qu'ils concernent la guerre d'Espagne, le génocide des Arméniens, la Shoah ou les victimes des dictatures argentine et chiliennes.
    Une série de récits traumatiques du passé, de portraits mémoriels qui sont tous en quête de reconnaissance, qui sont aussi reliés les uns aux autres, dans leurs différences, par l'universalité de la condition humaine, .

  • Centré sur la construction du récit national helvétique et de ses mythes, cet essai évoque les moments de rupture qui ont chacun donné lieu à un usage du passé et du présent : confrontation du Sonderbund, grève générale de 1918, attitude du pays pendant la Seconde Guerre mondiale ou pendant la Guerre froide. La difficulté éprouvée par le mouvement ouvrier et les milieux progressistes à élaborer une conception de l'histoire qui leur soit propre, qui mette à distance ces diverses constructions dominantes et qui leur rende non seulement le passé intelligible, mais aussi le présent ouvert à des alternatives politiques, est au coeur de cette réflexion.

  • La transmission, dans le cadre scolaire comme dans l'espace public, de l'histoire des crimes de masse et des crimes contre l'humanité des régimes et mouvements fascistes des années 1930-1940, en particulier la destruction des juifs d'Europe, mais pas seulement, est un objectif dont la réalisation ne va pas de soi. Ces difficultés sont encore amplifiées par une distance temporelle croissante d'avec ces événements et la disparition progressive des derniers témoins directs de cette époque.
    La transmission de ce passé douloureux et problématique passe par un véritable travail d'histoire et non pas par des injonctions mémorielles, quelles qu'elles soient, et aussi légitimes qu'elles puissent paraître de prime abord.
    Elle implique de faire accéder à la complexité des faits ainsi qu'à la pluralité des protagonistes et des catégories de victimes de cette criminalité.
    Mais comment ce travail d'histoire, et de mémoire, peut-il s'effectuer ? Quels sont les différents écueils qu'il engendre potentiellement ? Qu'est-ce qui est au contraire susceptible de le faciliter ?
    Ce dossier de la revue En Jeu est consacré à ces questions.
    Loin de céder à un sentiment d'impuissance, il vise à promouvoir un travail d'histoire et de mémoire de la criminalité de masse du nazisme qui soit aussi délesté de toute naïveté.

  • "Ce travail collectif se propose d'explorer la place et le rôle du témoin et du témoignage dans les domaines de l'éducation, de la recherche historique, de l'historiographie et de la construction d'une mémoire sociale. Désirant mettre un terme à la controverse entre historiens et mémorialistes, cet ouvrage reconsidère leur importance dans le travail scientifique et le récit historique. Les disciplines rassemblées dans ce livre attestent que la figure du témoin et l'usage du témoignage s'imposent dans toutes les couches de la société et de l'espace public."

  • "Pris entre transmission d'histoire et évocation commémorative, l'enseignement sur la destruction des Juifs d'Europe tient une place singulière dans les approches pédagogiques. En Suisse comme ailleurs, autorités politiques et scolaires ont eu à mettre en oeuvre les engagements pris sur le plan international quant à la transmission et à la place de cet événement historique majeur dans l'espace public. Mais que vivent les enseignants à qui incombe la charge principale de cette transmission lorsqu'ils l'abordent en classe? A partir d'entretiens qualitatifs, «Mémoire et pédagogie» rend compte des représentations, des expériences, voire des appréhensions d'enseignants d'histoire, ainsi que de la façon dont leur histoire personnelle fait écho à leurs récits. Les postures qu'ils adoptent - centrées sur l'empathie envers les victimes, une entrée par les génocides comme thématique générale, ou encore axée sur des «leçons» à tirer du passé - mériteraient d'être abordées dans la formation des enseignants et autres «passeurs d'histoire» afin d'examiner leurs avantages et leurs écueils. Cet ouvrage, issu d'une des premières recherches sur ce sujet en Suisse, est une contribution à la réflexion collective sur la transmission actuelle et à venir de l'histoire et de la mémoire de la destruction des Juifs d'Europe.

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  • En décembre 2018, la Fondation pour la mémoire de la Déportation, soutenue par l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, a organisé une journée d'études consacrée au thème Répression et déportation en Europe. Espace et histoire, 1939-1945 (recherche et pédagogie), inscrite dans la préparation du Concours national de la Résistance et de la Déportation. Soucieuse de sa vocation de transmission et de valorisation des résultats des recherches les plus récentes sur la Seconde Guerre mondiale, la revue En jeu. Histoire et mémoires vivantes propose dans cette livraison plusieurs contributions présentées lors de cette journée d'études. Ce dossier ne prétend naturellement pas aborder l'ensemble des enjeux de l'historiographie de la Seconde Guerre, néanmoins il offre sur plusieurs sujets majeurs des approches synthétiques et stimulantes. Dans un contexte où se multiplient les querelles à propos de l'histoire et de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, dans un moment où le statut de la vérité en histoire n'a jamais été aussi incertain, il importe de lire ces travaux scientifiques dus à des spécialistes reconnus des sujets abordés, auteurs de recherches originales et récentes.

    Les contributions ici présentées permettent donc de disposer d'un état des lieux des recherches sur de multiples aspects de l'histoire de la répression et de la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale. Fabrice Grenard, responsable du Département recherche et pédagogie de la Fondation de la Résistance, étudie ici la répression des maquis par les forces d'Occupation allemandes en France. Cécile Vast, conseillère scientifique du Musée d'histoire de la Résistance et de la déportation de Besançon, propose une approche comparée des politiques de répressions conduites par l'Allemagne nazie dans l'ensemble de l'Europe. Thomas Fontaine, directeur du Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne, offre une présentation synthétique de la politique de déportation menée depuis la France par l'Allemagne. Directeur de recherches au CNRS, Laurent Joly analyse de manière particulièrement précise et nuancée la politique du régime de Vichy à l'égard des Juifs. Chargé de recherches au CNRS, llsen About s'interroge sur les mécanismes d'oubli et de résurgence de la mémoire de l'internement en France et de la déportation des nomades. La chronique des enjeux d'histoire scolaire de Laurence de Cock et Charles Heimberg dénonce la censure subie par une enseignante de Palerme, rappelant ainsi que l'enseignement de l'histoire aussi bien que la recherche historique demeurent des activités parfois contraintes, et pourtant décisives et précieuses.

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