Lyonel Trouillot

  • À Port-au-Prince, Ti Tony vit dans une seule pièce qu'il partage avec son frère Franky et leur mère Antoinette. Alors que Franky aime les mots et les histoires, il se lance dans l'écriture d'un livre sur Antoine des Gommiers, cet incomparable devin que les haïtiens portent aux nues. Mais la popularité de ce chamane n'est pas l'unique raison d'un tel projet littéraire, Antoine des Gommiers serait le grand-oncle d'Antoinette, une filiation qui change tout même si Ti Tony, lui, ne saura jamais s'emparer de la fiction pour voir la vie en bleu. Un livre magnifique, où l'amour filial transcende la misère.

  • Une étudiante en journalisme issue de la grande bourgeoisie blanche de Port-au-Prince fait l'expérience de l'altérité en se penchant sur la mémoire d'un homme surnommé Capitaine, son quartier en désuétude jadis bastion des luttes politiques, ses fantômes et, ce faisant, trouve avec lui et d'autres "échoués" le chemin pour faire de la vie une cause commune. Avec «Ne m'appelle pas Capitaine», Lyonel Trouillot retrouve l'altitude unique et enivrante de «La Belle Amour humaine», aussi littéraire qu'universelle.

  • Kannjawou

    Lyonel Trouillot

    Entre le "Kannjawou", un bar où nantis et représentants des forces d'occupation d'Haïti vont faire la fête, et la rue de l'Enterrement, où quelques jeunes gens déshérités se cherchent un destin, Lyonel Trouillot brosse le portrait d'une humanité en proie à ses illusions ou à ses renoncements face à la confiscation séculaire du devenir d'une population haïtienne et de sa culture par le pragmatisme des stratégies internationales.

  • Dans un petit village côtier d'une île des Caraïbes, une jeune Occidentale est venue, sur les traces de son père, éclaircir l'énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Au fil de récits qu'elle recueille et qui, chacun à leur manière, posent une question essentielle - "Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?" -, se déploie, de la confrontation au partage, une cartographie de la fraternité nécessaire des vivants face aux appétits féroces de ceux qui tiennent pour acquis que le monde leur appartient.

  • Jeune avocat d'affaires dévoré d'ambition, Mathurin D. Saint-Fort a voulu oublier ses origines pour se tenir désormais du meilleur côté possible de l'existence.
    Jusqu'au jour où fait irruption dans sa vie Charlie, un adolescent en cavale après une tentative de braquage, qui vient demander son aide au nom des attachements à leur même village natal. Débusqué, contraint de renouer avec le dehors, avec la douleur du souvenir et la misère d'autrui, l'élégant Mathurin D Saint-Fort embarque, malgré lui, pour une aventure solidaire qui lui fait re-traverser, en compagnie de Charlie et de quelques autres gamins affolés, les cercles de la pauvreté, de la délinquance, de la révolte ou de la haine envers tout ce que lui-même incarne.
    Mathurin, Charlie, Nathanaël, Anne : quatre voix se relaient ici pour dire, chacun à son échelle, le tribut qui incombe un jour à chacun de payer au passé, qu'il s'agisse de tirer un trait sur lui afin de contourner l'obstacle, de l'assujettir à une idéologie, ou, plus rarement, et quoi qu'il en coûte, de demeurer fidèle au «yanvalou», ce salut à la terre ancestrale, en retrouvant les liens qui fondent une communauté.
    Voyage initiatique au coeur de la désespérance, Yanvalou pour Charlie est sans aucun doute le roman de l'abandon des hommes par les hommes, et le chant qui réaffirme la rédemption d'être ensemble, en Haïti comme ailleurs.

  • Alors qu'il semble enfin devoir connaître le succès, Pedro, jeune comédien haïtien en tournée à l'étranger, se jette du douzième étage d'un immeuble. Dans son pays natal, deux amis tentent alors de comprendre les raisons qui ont conduit au suicide un homme que le terrifiant mélange du social et de l'intime a transformé en plaie ouverte.

  • Port-au-Prince, début 2004 - année du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti. En cette matinée dominicale, un jeune homme quitte les quartiers pauvres pour rejoindre la manifestation organisée en ville par les étudiants. Au fil de sa marche, Lucien refait en esprit le trajet qui l'a conduit du village de l'enfance vers la ville à l'improbable avenir. Les voix aimées et irréconciliables résonnent dans sa tête : celle de sa mère, paysanne d'une province reculée ; celle de son frère qui a mal tourné au contact de la ville ; celle de "l'Etrangère", une journaliste qu'il aime sans vraiment la connaître ; celles, enfin, de ses camarades étudiants ou de voisins. Le roman est le récit de sa journée - de sa descente vers la ville jusqu'à l'ultime charge de la police...
    Né de la nécessité profonde et urgente, pour son auteur, de rendre compte des événements qui ensanglantèrent les célébrations de ce bicentenaire, ce roman incandescent affirme une nouvelle fois que la littérature, transcendant le commentaire, est sans doute l'un des plus puissants antidotes au chaos.

  • Une nouvelle poètique en trois fragments de journal intime - celui d'un prisonnier amoureux d'Haïti et d'une femme dont il pourrait être le meurtrier - où l'auteur donne libre court à toute sa verve poétique.

  • A cinquante ans, un écrivain perd sa maîtrise de la langue au moment où il conviendrait (enfin) de parler d'amour.
    A l'inconnue de ses pensées, il parlera donc d'autre chose. Ainsi revisite-t-il le souvenir de palabres crépusculaires conduites sous l'arbre d'une cour de Port-au-Prince avec trois figures demeurées tutélaires : "I'Etranger", "l'Historien" et Raoul, perdants magnifiques, amants menteurs et authentiques hommes blessés à la poursuite ou en deuil de leurs rêves... A travers ces personnages inoubliables qui firent concevoir à celui qu'ils appelaient "l'Ecrivain" le soupçon que l'amour n'a peut-être que faire du langage, Lyonel Trouillot se livre à une bouleversante méditation sur la nécessité de réconcilier le temps réel de nos vies avec les mots qui s'efforcent de dire nos déchirures et nos désirs secrets.
    Et c'est ainsi, en écrivain en pleine possession de sors art, qu'il dévoile la nature intime et profonde du rapport singulier qu'il entretient avec la fiction.

  • Une vieille tenancière de bordel, un intellectuel, un chauffeur de taxi - ils sont trois à raconter "la nuit de l'abomination", nuit mi-fictive, mi-réelle, lors de laquelle l'histoire récente d'haïti revêt des allures d'apocalypse.
    S'élevant contre la lutte sans merci que se livrent les derniers représentants de la dictature et les tenants d'un nouveau populisme rivalisant pour exploiter à leur seul profit la "rage" des laissés-pour-compte, lyonel trouillot donne à entendre, à voir, à ressentir - et à comprendre - un pays laminé par l'irresponsabilité criminelle de ceux qui reconduisent sans trêve la logique de la violence. généreuse, libre et sûre, la langue de lyonel trouillot ébranle, surprend et bouleverse par son lyrisme saisissant, seul à même de rendre justice à l'infini de la souffrance.

  • Un jour, à vingt-six ans, Thérèse se découvre investie par son double : voici l'heure de "l'autre Thérèse", si loin, si proche, qui s'empare du corps de la jeune femme, lui en révèle les désirs, et la contraint, enfin, à ouvrir les yeux - qu'elle a soigneusement tenus fermés jusqu'alors - sur sa vie dans "une ville sans chemin" où "même les rêves ont une heure pour rentrer".
    Récit d'une crise, récit d'une insurrection de l'âme, vibrant d'une transe qui pourrait noyer sa narratrice possédée, Thérèse en mille morceaux dit la difficulté de naître à l'individualité dans une île déchirée, vers laquelle, de livre en livre, Lyonel Trouillot trace un brûlant chemin d'écriture.

  • Pour la collection Essences, Lyonel Trouillot sest prêté au jeu des réminiscences olfactives. Sans précision de lieu ni dépoque, une mère parle à sa fille. Fugitive marquée au fer dune fleur de honte, elle revisite les parfums violents de ses haltes et de ses errances. Un voyage dans le souvenir de cités délabrées, de paysages désertiques, de musiques barbares, de corps défaits et de rêves interdits qui fait naître en elle, comme après chaque épreuve, dans la promesse de lenfant à naître à qui elle raconte aujourdhui son histoire, le doux parfum des temps à venir.

  • "Il devait être midi quand nous avons commencé à courir." C'est par ces mots que s'ouvre un récit poignant et vibrant, l'histoire de deux enfants qui n'ont plus de ce nom que l'aspect physique car en eux, tout, déjà, a été brisé. Par la violence de leur père, Corazon, un alcoolique patenté, par le silence de leur mère, Joséphine, "qui adore qu'on la plaigne", par la pauvreté enfin, qui étreint pays et êtres depuis toujours. Colin et Mariéla se sont donc mis à courir, laissant derrière eux la misère du bidonville, fuyant le destin, mettant entre eux et la tête fracassée de Corazon la distance d'un quartier, l'espace de quelques jours. Comme si cela pouvait suffire. Durant les trois jours de leur errance à travers la ville, Colin parle. Il parle pour sa soeur et pour lui, il parle pour justifier l'inexcusable, il parle pour habiller de mots ces existences dont d'habitude on ne dit rien, tant le gouffre qui les habite laisse muet. Il faut bien pourtant le raconter, ce quotidien insupportable, martelé des coups d'un père frustré, déçu par la vie, un boxeur raté qui préféra s'attaquer aux faibles plutôt qu'à de vrais adversaires qu'il n'aurait jamais vaincus. Pauvre Corazon ! Mort d'avoir frappé une fois de trop, d'avoir pensé que les victimes ne se vengent jamais des coupables.
    D'une écriture incisive et brûlante, Lyonel Trouillot fouille l'intimité de destins crucifiés, évoquant en filigrane la tragédie de tout un pays. Passant par le regard sans concession d'un enfant, il dresse le tableau alarmant d'une population désorientée et meurtrie, à la recherche d'une échappatoire impossible. Vivant et bouleversant, son récit interpelle, comme un cri lancé au milieu de l'indifférence. Un sentiment d'urgence s'impose alors. Dérangeant.

  • « C'est quand on essaye de l'écrire que se pose à nous la question de savoir ce qu'est la poésie. Peut-on prétendre que c'est bien elle qu'on écrit ? Un tel savoir impliquerait de pouvoir la nommer dans son être ou dans ses fonctions, attitude quelque peu prétentieuse ou réductrice. On ne peut non plus prétendre ne pas la connaître un peu, ne pas sentir sa présence dans des textes qu'on a lus, sans dire que les textes en question l'épuisent ou la définissent. Affronter la poésie, c'est vivre dans le doute. Y touche-t-on ? La touche-t-on ? D'où, chez moi l'hésitation à donner à lire celle que j'essaye de faire, ou à donner à lire les textes que je fais comme étant de la poésie.
    Je viole une de mes lois secrètes en donnant à lire ce choix de textes. Qui couvre une période de trente ans. Mes hier et mes aujourd'hui, mes démêlés avec des intentions esthétiques et des questions humaines qui me traversent, me quittent, me reviennent.
    J'ose donc partager ce doute sur la poésie avec le lecteur qui le voudra. L'écriture poétique restant pour moi la plus sacrée des fêtes païennes et une entreprise de restitution langagière sans égale, par les blessures, les songes et le rapport au réel, individuels et pourtant communs qu'elle interpelle. C'est là où je partage mes peurs, et me fais peur. Là où, résolument timide, je noue avec moi, et avec toi, une relation aussi nécessaire qu'improbable. » Lyonel Trouillot Cette anthologie est sa seule anthologie poétique parue en France, elle couvre trente ans d'écriture poétique.

  • Le dur devoir d'exister Des photos et des textes pour mieux voir ce que cachent la vie et les discours qui tournent en rond sur la misère et l'espoir. Des photos et des textes pour dire Haïti debout au rendez-vous de demain.

  • Lyonel Trouillot nous fait dans ce livre l'inventaire de sa vie, de ses passions, de ses amis, de ses lectures et de ses combats.

    "C'est toujours idiot de raconter ses souvenirs. Ils prennent leur autonomie, nous échappent, nous reviennent, avec cette façon qu'ont les choses rebelles de ne pas demander notre avis avant de se manifester. Et puis, parler, raconter, c'est toujours cacher quelque chose. Le récit est le territoire même de l'évitement. Pendant que vous me racontez une histoire, d'autres se déroulent qui mériteraient tout aussi bien d'être contées. Qui en moi décide de ce dont je me souviens ? Et pourquoi ai-je choisi l'oubli de tel visage ou de tel événement ? Peut-être n'ai-je livré que les choses avec lesquelles il m'est permis de vivre en cachant celles qui me hantent vraiment ?" Lyonel Trouillot

  • Dans un petit village côtier d'une île des Caraïbes, une jeune Occidentale est venue, sur les traces de son père, éclaircir l'énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Au fil de son voyage, la question essentielle - ";Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?"; -, se déploie. De la confrontation au partage, ce livre trace une cartographie de la fraternité nécessaire des vivants face aux appétits féroces de ceux qui tiennent pour acquis que le monde leur appartient. ©2011 Actes Sud (P)

  • S'agit-il de l'enfermement, du désir, des ratages, il faudrait pouvoir aller au plus près du rien, écrire ou se laisser écrire et se taire en même temps.
    Donner acte à la vieille formule qui veut " réduire les choses à leur plus simple expression ". c'est la négation de tout ordre qui tue, ce cri du rebellé et ce silence du vaincu que j'ai tenté de côtoyer dans ces textes. au plaisir ou au désespoir de pousser l'ellipse et la fragmentation à proximité du non dit.

  • Mars 2010. Après Brassens, Brel et Ferré, disparaissait le quatrième mousquetaire de la chanson française : Jean Ferrat, né Tenenbaum huit décennies plus tôt. Mars 2020 : deux artistes associent leurs talents pour conjurer l'absence de celui « qui aurai[t] pu vivre encore un peu. » L'un est peintre, l'autre écrivain.
    Ensemble ils redonnent vie à l'homme qui détestait les interdits et chantait les poètes. Celui qui dénonçait "la grande injustice" et "la force imbécile" sans jamais cesser de dire « Que c'est beau la vie ! » L'un twiste les mots, l'autre peint les êtres que Ferrat aimait « à en perdre la raison » : Aragon, Desnos, Lorca, Maïakovski, Neruda... Mais aussi Brassens, Vian, Elsa Triolet, Van Gogh ou le vieil Hugo. Comme autant d'étoiles d'une constellation fraternelle et engagée.

  • Le mot de l'éditeur : « Il est dit dans le conte que partout s'étendirent la haine et le mensonge. » Les mots par lesquels s'ouvre Cité perdue semblent convier le lecteur à une bien triste aventure humaine : celle où règnent l'égoïsme et la dissimulation, la peur de l'autre et les rapports de domination. Et pourtant chacun rêve de l'exact contraire : l'amour et l'égalité entre les êtres, le goût des portes qui s'ouvrent et des mains qui se tendent, ce « jour d'épaule nue où les gens s'aimeront », comme le chante un vers d'Aragon. Avec un sens aigu du tendre et du faillible, deux poètes chantent ensemble « la beauté des recommencements » et tracent un chemin d'espérance. Celui du « chant élevé à hauteur d'idéal », là où le tremblement de sens du poème fonde notre liberté et notre goût de vivre. Un livre écrit à quatre mains, auxquelles se joignent, fabuleuses, celles d'Ernest Pignon-Ernest.

  • Premier du genre, le Dictionnaire de la rature est un recueil aussi subjectif que jubilatoire dans lequel Geneviève de Meaupou, Lyonel Trouillot et Alain Sancerni se donnent pour mission de supprimer - la rature cherchant, par essence, à faire disparaître ce qui est écrit - les mots qui les fatiguent, et ainsi secouer les lieux communs, dynamiter avec impertinence les formules et tropes qui tournent à vide dans «la marée des phrases courantes». Si l'on pense avec Camus que «mal nommer les choses est ajouter aux malheurs du monde», les raturer c'est mettre en place les conditions d'une meilleure lecture du monde, par l'effacement progressif des notions inutiles ou sursaturées, des mots dénués de sens ou désormais viciés.
    Sont convoqués au hasard des pages : Absence, Beau-frère, Conviction, mais aussi Expert, Horizon, Identité, Majorette, Origine ou encore Platane et Travail. Soit, quelque 120 mots pour un projet radical s'il en est, puisqu'il s'intéresse à ce que tout dictionnaire est censé fonder, une langue.

  • Depuis plus de deux siècles et au gré des soubresauts de l'histoire, la littérature haïtienne, de par son foisonnement et sa diversité, a très tôt dépassé ses frontières. Il faut dire qu'Haïti, devenue indépendante en 1804, est de longue date un objet littéraire dont se sont emparés de nombreux écrivains, de l'ancienne métropole française ou d'ailleurs : de Victor Hugo à Lamartine, en passant par Paul Morand, des surréalistes et écrivains voyageurs, notamment André Breton, au Cubain Alejo Carpentier, du Prix Nobel Sainte-Lucien Derek Walcott aux Martiniquais Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, ou encore des contemporains français Dominique Fernandez, Serge Quadruppani, aux Américains Madison Smartt-Bell et Russell Banks.
    Sans pour autant occulter le véritable patrimoine littéraire que constitue ce pays, « où la négritude se mit debout pour la première fois », pour reprendre le mot d'Aimé Césaire, ce volume met en lumière la création littéraire et son environnement artistique telle qu'elle se fait aujourd'hui en Haïti - avec, par exemple, Frankétienne, Georges Castera, Yanick Lahens, Gary Victor, Kettly Mars, Evelyne Trouillot. - et dans ses diasporas - avec Dany Laferrière au Canada, Edwidge Danticat aux Etats-Unis, René Depestre en France et tant d'autres encore. Un instantané de cette littérature telle qu'elle se crée et se diffuse aujourd'hui sera ainsi l'objet principal de cet essai rédigé par les écrivains haïtiens Louis-Philippe Dalembert et Lyonel Trouillot.
    Foisonnement littéraire, invitation à découvrir la vitalité de la littérature haïtienne, ce volume sera complété par de nombreux témoignages et inédits d'auteurs enregistrés sur CD, sans oublier un espace iconographique dédié à la photographie et aux arts visuels.

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