Lise Charles

  • Octave Milton, un écrivain de 44 ans pensionnaire à la Villa Médicis, utilise son talent, sa notoriété et son goût de l'indiscrétion pour attirer ses connaissances comme ses correspondantes, détourner leurs confessions, leurs frustrations, leurs secrets, et les recycler dans son oeuvre. Sera-t-il puni ou sauvé ? Est-il un voleur, un pervers, un manipulateur, ou simplement un auteur en manque d'inspiration ?
    Ou bien peut-on soutenir, comme le fait son amie et éditrice occulte Livia Colangeli, que toute fiction implique un vol ? Le journal pillé d'une adolescente (cette demoiselle à coeur ouvert) apportera une terrible réponse.
    Ce troisième roman de Lise Charles est un roman épistolaire contemporain, autrement dit par mails, qui s'inspire avec délices des Liaisons dangereuses, mêlant aux problèmes du désir, de l'amour, de la jalousie, celui de la création. Elle s'inspire directement de son propre séjour comme pensionnaire à la Villa Médicis en 2018, et joue à de fausses mises en abîme avec les situations, les rôles. Les résonances de plusieurs types de textes à l'intérieur du livre (mails, journal, nouvelle, article universitaire...) créent une épaisseur de réalité en même temps qu'un jeu de miroir profond, et souvent drôle. Cette construction ludique, la fiction de documents réalistes comme le journal bouleversant d'une jeune adolescente, et le goût de la manipulation du héros, vont pourtant entraîner le lecteur jusqu'à un dénouement tragique.
    Les jeux du désir et de la création ont rendez-vous avec l'innocence et la mort.

  • Comme Ulysse

    Lise Charles

    De 1953 à sa mort en 1978, le peintre Norman Rockwell vit à Stockbridge, une petite ville du Massachusetts. Il y fait notamment de nombreuses couvertures pour le Saturday Evening Post, parfois en prenant des habitants de la ville pour modèles. À en croire l'histoire racontée dans ce roman, vers la fi n de sa vie il peint Rebecca, une fi llette de Stockbridge.
    Une fois adulte, Rebecca épouse un autre peintre, Peter Milton, avec qui elle a deux enfants, Tom et Hannah. Tandis que Rebecca rêve de devenir écrivain mais n'arrive visiblement à rien, Peter devient progressivement un grand artiste. Il propose un jour à une jeune Française, rencontrée dans le Vermont, de venir vivre dans sa famille ; en échange, elle devra poser pour lui et enseigner le français à ses enfants. Comme Ulysse est l'histoire de cette Française, racontée par elle-même.
    De la narratrice, on ne connaît ni l'âge, ni le nom véritable ; elle se fait appeler Lou et se présente le plus souvent en adolescente écervelée, un peu ignare et mal dégrossie. Alors qu'elle ne devait rester aux États-Unis que le temps d'un séjour linguistique avec sa soeur, elle y passe plusieurs années, d'abord à New York puis en Nouvelle-Angleterre, et ses souvenirs de France (sa vie à Paris, ses vacances en Bretagne), de plus en plus douloureux, doublent le récit de ses aventures américaines, au point que la côte Est apparaît comme un mauvais refl et de la côte bretonne.
    La nostalgie est aussi celle de l'enfance. Lou raconte à la fois ses relations avec le peintre, sa femme et leurs amis, et ses longues conversations avec Tom et Hannah.
    Ces deux enfants un peu fantomatiques semblent évoluer dans un univers qu'elle comprend de moins en moins. Ainsi, de même qu'elle fl otte entre deux langues et deux cultures, Lou n'a-t-elle sa place ni dans le monde des adultes, ni dans celui de l'enfance.
    Quelle que soit la nostalgie qui enveloppe ce roman, il est d'abord un récit d'aventures, conduit légèrement et avec désinvolture. Le langage est familier, parfois vulgaire, les phrases se brisent et partent dans des directions aussi imprévues que la pensée de Lou, qui enchaîne les digressions et préfère toujours se contredire plutôt que de se corriger. Même quand l'histoire tourne mal et que sont racontés des événements tragiques, le style reste vif et entraînant. Si la réalité est décrite de manière simplifi ée et enfantine, c'est peut-être que la narratrice, incapable d'appréhender le nouveau, doit toujours ramener l'inconnu au connu (Rebecca devient ainsi un double obscur de sa mère, la plage de Newport se confond avec celle de Sainte-Anne-la-Palud.). Lou, qui se plaint de manquer de vocabulaire et d'avoir perdu son français aux États- Unis, aplanit le réel et peine à percevoir les nuances entre les êtres, qu'elle confond ou au contraire oppose violemment.
    Ses dessins en noir et blanc, qui ponctuent la narration, apparaissent eux-mêmes comme un vague écho, simple et naïf, des tableaux de Peter.
    Mais jusqu'où pouvons-nous suivre Lou ? Les contradictions du texte laissent penser qu'elle accommode la réalité à son gré, afi n de donner la meilleure image possible, voire de dissimuler une éventuelle culpabilité. Plus radicalement, des indices nous amènent à douter de la réalité même de ce séjour américain. Dès lors, nous sommes libres d'imaginer que la trame n'est pas fi xée d'avance, mais qu'elle s'élabore progressivement dans l'esprit de la narratrice, à mesure qu'elle la raconte. Pour elle, il ne s'agirait donc pas de ramener l'inconnu au connu, mais au contraire de fabriquer de l'inconnu à partir du connu. Ce serait l'apprentissage du métier d'écrivain. Lou inventerait un scénario de fi lm américain à partir d'éléments triviaux de sa vie française, chacun de ses proches, chaque lieu aimé et familier, trouvant un double déformé et menaçant dans cet autre monde.

  • En dévoilant par avance un événement de l'histoire, la prolepse risque de ruiner le suspense ; en n'évoquant qu'allusivement ce qui va suivre, elle peut y contribuer. L'ouvrage étudie ce procédé paradoxal au travers d'un corpus qui va de la décennie de l'Astrée aux derniers romans de l'abbé Prévost.

  • La cattiva

    Lise Charles

    Six ans avant le début de cette histoire, on avait dit à Marianne Renoir, alors âgée d'une quinzaine d'années, que le jeune homme qu'elle voyait là, sur le trottoir d'en face, en train de faire ses lacets comme vous et moi, descendait du pape Sixte Quint et de la grande famille des Peretti, dont Stendhal a raconté quelque part les aventures. Il sait le grec ! avait-on ajouté. L'italien aussi, à coup sûr, car il passait tous ses étés dans la villa de ses aïeux, près de Ferrare. On murmurait même qu'il était poète. Et si je l'épousais ? s'était demandé Marianne.

    Six ans plus tard, Marianne n'a toujours pas épousé Pierre, mais elle passe ses vacances d'été avec lui dans sa villa de Camporiano. Le roman commence sur un mode léger et comique par la description triviale du quotidien des personnages, de leurs humeurs et de leurs disputes ; il s'engouffre peu à peu dans leurs perceptions profondes et se met à suivre le flot de leurs pensées et de leurs hallucinations, grâce aux textes intimes qu'ils écrivent, mais également aux contes, aux ballades, aux histoires allégoriques qu'ils inventent et se récitent. Roman à plusieurs voix, La Cattiva glisse constamment d'un genre à l'autre, d'un ton à l'autre. Même quand l'angoisse prend le dessus, l'enthousiasme et l'enjouement ne disparaissent pas entièrement. Le récit se déploie dans une Italie ensoleillée et romanesque, tantôt réelle, avec les déambulations de Pierre et Marianne dans Parme, Modène et Ferrare, tantôt imaginaire et rêvée : Camporiano n'existe pas plus que Virgoletta, un petit village à flanc de colline où l'on part dîner et danser la tarentelle quand tout va trop mal.

  • De la Chine ancienne à l'Egypte des pharaons, de l'Inde et ses multiples divinités au panthéon romain, ces légendes nous racontent les naissances du monde et l'origine des civilisations. Un régal pour les passionnés de mythologie !

  • Pourquoi une simple douche est-elle si douloureuse pour l'autiste  ? Qu'est-ce qui peut provoquer les épisodes de crise  ? Se peut-il que le handflapping, ces gestes de balayage des mains, soit en réalité un outil de gestion pour prendre la mesure de l'espace et du monde  ? À partir de l'expérience vécue de personnes ayant un TSA (trouble du spectre de l'autisme), ce livre propose des pistes pour comprendre et répondre aux besoins des autistes. Un cerveau autiste est différent d'un cerveau neurotypique et ne traite pas les informations arrivantes de la même manière. La méthode SACCADE créée par les auteures est un outil de communication avec les autistes tenant compte de ces spécificités. Elle est utilisées dans de nombreuses écoles au Québec. Sous forme de questions et de réponses, le livre développe environ 50 notions propres au fonctionnement de l'autiste, et offre de nombreux conseils basés sur une compréhension nouvelle des TSA, qui trouve de plus en plus écho chez les neurologues.

  • Après le succès de leur premier ouvrage sur le sujet, Brigitte Harrisson et Lise St Charles continuent à explorer toutes les pistes permettant d'améliorer la condition des autistes.
    Elles s'attaquent dans cet ouvrage à l'estime de soi, indispensable à leur épanouissement, car elle aide à la socialisation et à la construction de leur identité. Il est ainsi fondamental que les personnes autistes prennent conscience de leur état, apprennent à connaître leurs forces et leurs faiblesses, afin de prendre de bonnes décisions en confiance.
    Comment ? A travers 52 questions, les auteures décortiquent et expliquent les gestes, les comportements et les paroles des personnes autistes et proposent de manière pratique des solutions pour les accompagner avec respect et justesse, favorisant ainsi la construction de leur estime de soi.

  • Pourquoi une simple douche est-elle si douloureuse pour l'autiste ? Qu'est-ce qui peut provoquer les épisodes de crise ? Se peut-il que le handflapping, ces gestes de balayage des mains, soit en réalité un outil de gestion pour prendre la mesure de l'espace et du monde ? À partir de l'expérience vécue de personnes ayant un TSA (trouble du spectre de l'autisme), ce livre propose des pistes pour comprendre et répondre aux besoins des autistes. Un cerveau autiste est différent d'un cerveau neurotypique et ne traite pas les informations arrivantes de la même manière. La méthode SACCADE créée par les auteures est un outil de communication avec les autistes tenant compte de ces spécificités. Elle est utilisées dans de nombreuses écoles au Québec. Sous forme de questions et de réponses, le livre développe environ 50 notions propres au fonctionnement de l'autiste, et offre de nombreux conseils basés sur une compréhension nouvelle des TSA, qui trouve de plus en plus écho chez les neurologues.

  • Rendre l'enfant de tout âge joyeux et créatif par la magie du verbe simple et vrai. Faire surgir l'extraordinaire derrière l'ordinaire.
    Comprendre le langage des oiseaux, des pierres et des nuages. Prêter attention aux choses, avec une gravité joyeuse.
    Changer le regard, découvreur de merveilles innocentes. Regard du chercheur d'or, pour un caillou, un ver de terre, une petite pluie, un brouillard de soie.

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