Corinne ATLAN

  • « De prime abord on se dit que la brume est rêveuse, et que le brouillard nous englue. Elle, vive et facétieuse, cache et révèle tour à tour, favorise la rêverie. Pour un peu, elle enchanterait le réel. Lui, inquiétant, immobile, pèse sur les paysages et les consciences de toute son épaisseur, sombre écran sur lequel projeter nos angoisses. Mais les choses ne sont pas si tranchées. Les nébulosités sont plus subtiles que ne pourrait le laisser supposer le sens péjoratif qui, au royaume de la Raison, s'est attaché à leur nom.
    Brouillard, bouillon, brouet, brouillon, brouille, scribouiller, imbroglio et autres embrouillaminis remontent à une même racine indo-européenne désignant un mélange bouillonnant. Il y a donc dans le brouillard une idée de chaos et d'ébullition, qui évoque aussi bien le chaudron des sorcières que la création du monde dans la plupart des mythes fondateurs, ou encore la création tout court. » Brumes métaphoriques ou météorologiques, Corinne Atlan déploie à partir d'elles et de leur souvenir éthéré une délicate méditation poétique.

  • Les Japonais vivent au présent. Le drame du tsunami de mars 2011 reste une plaie ouverte, mais le Japon, pugnace, regarde déjà ailleurs. Ce pays est un art de vivre. Un écheveau de règles souvent tacites mais incontournables, qui font du quotidien un rituel bien réglé.

    Qu'est-ce qu'être Japonais aujourd'hui ? Comment évoquer le Japon de ce siècle sans comprendre que son dessein se fracasse aujourd'hui sur la Chine, sur fond de surenchères nationalistes réciproques ?

    Ce petit livre plonge le lecteur au coeur de traditions millénaires, pointe les transformations, souligne les fractures. Pour découvrir un Japon vécu de l'intérieur.

    Récit suivi d'entretiens avec Pierre-François Souyri (Le Japon est devenu un géant économique mais est resté un nain politique), Chikako Mori (La société japonaise s'ouvre lentement à la mondialisation) et Keiichiro Hirano (Au Japon, la préservation de la cohésion sociale prime sur la liberté de penser de l'individu).

  • « J'ai appris à penser depuis l'ailleurs » nous dit Corinne Atlan. Grande traductrice d'auteurs japonais classiques et contemporains dont Haruki Murakami, elle nous fait partager dans ce récit passionnant sa vision intime d'une ville qu'elle connaît depuis quarante ans.
    Au fil de promenades et de rencontres, de méditations dans les temples ou les jardins de pierre et de mousse, elle interprète le sens de paysages d'automne où la beauté des érables, ginkgos et chrysanthèmes vient raviver une conscience de l'éphémère au coeur de l'esthétique nippone.
    Un automne à Kyôto peut se lire aussi bien comme un guide poétique pour arpenter la ville et ses lieux secrets que comme une introduction à la pensée japonaise, à la manière du célèbre Éloge de l'ombre de Tanizaki. Sans occulter les inquiétudes d'aujourd'hui ni les cicatrices de l'Histoire, Corinne Atlan restitue admirablement les instants et leur ombre, les divinités et les fantômes, l'impermanence et la subtilité, les rêveries et la sagesse de l'ancienne capitale impériale.

  • Au XIXe siècle, le Japon s'ouvre à l'Occident.
    Épris d'absolu, le jeune Mitsudô cherche d'abord au monastère du Mont Koya la voie de la « pure conscience primordiale » prêchée par l'école Shingon. Devenu ermite, il fuit Kyoto en proie à la guerre civile et décide de quitter son pays et de partir sur les traces du Bouddha. Il va poursuivre sa quête spirituelle, au gré de ses rencontres et de ses aventures, en Inde, au Népal, où une danseuse sacrée l'initie au symbolisme et à la sexualité tantriques, au Tibet enfin. Douze ans plus tard, c'est une homme différent, lucide et serein, qui regagne un Japon profondément transformé. Un passionnant voyage initiatique dans un japon en plein bouleversement, à mi-chemin entre l'effondrement de la société féodale et l'ouverture à la modernité.


  • [ainsi confronté à divers écueils, le traducteur, voyageur immobile en quête d'une unicité perdue, continue inlassablement à chercher des liens, entre sa langue et celle de l'autre, entre réalité et imaginaire, entre vie et écriture.
    par le biais de passerelles qu'il voudrait toujours aussi légères et transparentes que possible, il s'efforce d'approcher le mystérieux fonds commun de la conscience humaine, ce lieu de convergence qui transcende le temps, les cultures, -et les mots. ].

  • Danses de diamant

    Corinne Atlan

    • Kailash
    • 16 Janvier 2002

    La vallée de Katmandou, berceau de la culture néware, abrite encore de nombreuses richesses cachées - trésors de l'architecture ou de l'esprit - qui ont traversé les siècles, mais que la vie moderne condamne peu à peu à l'oubli. C'est le cas de la danse rituelle bouddhiste très élaborée que l'auteur a pu étudier auprès de l'un des derniers maîtres vivants. Mettant en scène les nombreuses divinités du panthéon, la danse carya offre des clés pour une compréhension profonde de la philosophie, de l'iconographie et de la symbolique du bouddhisme tantrique indo-tibétain. Bodhisattva et Dâkini s'animent, entraînant le lecteur dans un voyage initiatique au coeur d'une ancienne tradition, par le biais d'un témoignage vécu de l'intérieur. Fruit d'une rencontre avec une civilisation, un art et un maître, ce livre se veut un hommage à une tradition millénaire aujourd'hui en voie de disparition.

  • Tandis que tout dort... - Quel bonheur d'être réveillée avant tout le monde ! Ce matin là, quand petite Anna ouvre un oeil, tout est noir alentour. Seul le chat Shiro s'étire déjà sur ses pattes. C'est le moment rêvé pour faire ce qu'on aime en toute liberté. Descendre sans bruit, chiper des cerises et du lait en cachette, regarder la lune, piquer la poupée de sa grande soeur, et puis sa boîte à musique, et encore ses crayons de couleur... sans reproches et sans peur. Mais comme tout ce travail est bien fatigant, il est doux, quand tout s'éveille enfin, d'aller... se rendormir !

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