Un été en compagnie de Bandini et Molise, anti-héros magnifiques et doubles de John Fante dont l'œuvre est enfin rééditée en 10/18
 



« Un jour j’ai sorti un livre et c’était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l’or à la décharge publique. J’ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait son énergie et était suivie d’une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa force à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n’avait pas peur de l’émotion. L’humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. 
Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J’avais une carte de la Bibliothèque. Je sortis le livre et l’emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu’il y avait là un homme qui avait changé l’écriture. Le livre était Demande à la poussière et l’auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m’influencer dans mon travail. Je terminai Demande à la poussière et cherchai d’autres Fante à la bibliothèque. J’y trouvai Le Vin de la jeunesse et Bandini. Ils étaient du même calibre, écrits avec les tripes et le cœur.»

Charles Bukowski, à propos de John Fante

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